POLITIQUE

 

Berceau de la démocratie, la Grèce moderne n'en finit pas de se chercher un compromis étatique stable.

 

La Grèce, ou Hellas (dénomination grecque), est le berceau de la politique en tant qu’art, et de la démocratie comme forme de gouvernement. Berceau de la démocratie, la Grèce moderne n'en finit pas de se chercher un compromis étatique stable. La création d'un état moderne constitue une rupture dans la tradition administrative grecque. Au sein de l'Empire ottoman, les Grecs disposaient d'une large autonomie sur le plan local et dans le domaine religieux. La communauté villageoise était dirigée par les archontes, chefs locaux responsables devant les autorités turques pour toute question relevant des rapports entre la communauté et l'État, en particulier pour les impôts. Ses idéaux démocratiques ont régi, entre autres, les principes fondamentaux de la Constitution américaine. La Constitution actuelle de la République Hellénique, votée en 1975 et amendée en 1986, définit le système politique du pays comme une démocratie parlementaire.

Le pouvoir législatif est exercé par une Chambre unique (la « Vouli »), et le pouvoir exécutif par le gouvernement. Le premier ministre, dont le gouvernement jouit de la confiance du parlement, dispose de pouvoirs étendus. La Justice est indépendante. Les droits civils, politiques et les droits de l’homme sont garantis par la Constitution. Le mandat des 300 députés de l’assemblée est de quatre ans. Si 288 d’entre eux sont élus directement par le corps électoral, 12 sont désignés par les partis, au prorata des résultats électoraux. Le mandat du président de la République est de cinq ans, renouvelable une fois. Il est élu par les députés à une majorité renforcée.

 

Le poids du passé

Appuyés sur une armée mercenaire, les souverains bavarois ont imposé un système administratif centralisé au XIXe siècle. Les archontes, qui se sont installés à Athènes (devenue capitale en 1834) tout en conservant des liens avec leur région, ont retrouvé leur fonction d'intermédiaires entre l'état et la population. Le clientélisme, aujourd'hui fréquent dans la vie politique, exprime ce compromis entre la culture politique et les besoins de la centralisation. De la monarchie absolue du roi Otton Ier au régime présidentiel, la Grèce a avancé dans la voie de la démocratisation: première Constitution en 1844, introduction du suffrage universel en 1864, vote des femmes en 1930. L'aspiration démocratique exprime à la fois l'ouverture aux idées occidentales et la recherche de compromis permettant de résister au pouvoir centralisateur athénien. Principale expression du nationalisme, l'armée est intervenue à plusieurs reprises dans la vie politique. Pendant la guerre froide, son contrôle devint un enjeu géopolitique auquel s'intéressèrent de près les États-Unis. Mais son utilisation comme instrument d'oppression sous le régime des colonels et lors du conflit chypriote a considérablement entamé son prestige. Une autre grande question institutionnelle est l'oscillation de la vie politique entre république et monarchie: les Grecs ont eu à se prononcer sur ce sujet à six reprises au XXe siècle.

 

La vie politique

Après la chute de la dictature des colonels, la disparition de la monarchie a été confirmée par référendum. Une nouvelle Constitution, inspirée du modèle gaulliste et élaborée par Caramanlis, est votée en 1975, puis révisée en 1986 dans le sens d'une diminution drastique des prérogatives du président de la République.

 

Le paysage politique est dominé par trois grandes formations. Le parti de la Nouvelle Démocratie (droite libérale), fondé par Constantin Caramanlis, a exercé de 1990 à 1993 (avec Constantin Mitsotakis) un pouvoir qu'il avait occupé de 1974 à 1981. Le Mouvement panhellénique socialiste (PASOK), au pouvoir de 1981 à 1989 et à nouveau en 1993, lié à la personnalité d'Andhréas Papandhréou, tente d'exprimer l'ensemble des tendances contestataires que la société grecque a produites depuis vingt ans. La troisième force politique, plus à gauche, fut longtemps divisée entre une aile prosoviétique, le parti communiste grec (KKE), et une aile «eurocommuniste», le parti communiste de l'intérieur.

 

La Grèce dans le monde

La Grèce est membre de l’ONU, du FMI, de la OSCE et de la plupart des institutions occidentales importantes comme l’OCDE, l’OTAN, l’UEO, le Conseil de l’Europe et l’UE dont elle est membre à part entière depuis 1981. L’engagement du pays dans la voie de l’Union Européenne jouit d’un soutien politique écrasant.