MUSIQUE

 

La réputation mondiale de la musique grecque moderne est fondée en grande partie sur les oeuvres de Manos Hatzidakis et Mikis Theodorakis, ainsi que sur certains albums de musique byzantine. Cependant, c'est dans le domaine de la musique classique que la Grèce s'est forgé une véritable renommée internationale. La musique est probablement l'activité culturelle la plus prisée en Grèce, en raison de l'importance historique de la chanson et du succès de la danse en tant qu'expression musicale. Depuis toujours, la musique joue un rôle prépondérant dans la vie des campagnes et dans chaque région, musique et danse sont au cœur des activités collectives.

Il existe deux cent treize conservatoires de musique reconnus (dont un public) et cent quarante-six écoles de musique dont presque la moitié est implantée dans les villes de province. Au cours des dix dernières années, l'enseignement de la musique traditionnelle a connu un essor considérable.

 

Musique traditionnelle

Le pays se distingue par la quantité et la richesse de sa musique traditionnelle ayant évolué au cours des siècles sous l'influence de nombreux courants historiques et géographiques. Par exemple, la guerre d'indépendance menée contre les Turcs de 1821 à 1829 a donné lieu à toute une gamme de musiques traditionnelles rurales. Les chansons populaires varient selon leur lieu d'origine : les îles, l'Épire, Mani et Calamata, la Macédoine et la Thrace possèdent des musiques traditionnelles bien distinctes. Actuellement, la doyenne de la musique folklorique est Mme Dora Stratou dont son album « Le meilleur de la chanson populaire grecque », fruit d'une collaboration avec le groupe Panegyris, est sorti en 1997 sous le label Tradition. L'un des meilleurs représentants actuels de la musique folklorique du continent est le clarinettiste Yiorgos Mangas.

Le rebetiko est une forme de musique traditionnelle urbaine, dont l'instrument caractéristique est le bouzouki. Étroitement lié aux réfugiés du désastre d'Asie Mineure, le rebetiko fut particulièrement populaire après la Seconde Guerre mondiale, connaissant son heure de gloire dans les années 1970. Depuis la Seconde Guerre mondiale, les jeunes compositeurs s'inspirent beaucoup de la musique traditionnelle rurale et urbaine dont Dionysis Savvopoulos composant un mélange original de rebetiko et de musique pop et rock occidentale.

Les troupes de danse populaire sont profondément enracinées dans la culture régionale grecque. Il en existe cinq cent quatre-vingts, surtout en Épire qui possède une longue tradition culturelle.

 

Chanteurs célèbres

Les chanteurs grecs les plus connus au niveau international vivent et travaillent à l'étranger : Vicky Leandros, Nana Mouskouri (ancienne députée européen) et Demis Roussos (membre du célèbre groupe grec Aphrodite's Child). En 1987, Agnès Baltsa, mezzo-soprane, a sorti un album de musique pop contenant des chansons de Hatzidakis, Theodorakis, Tsitsanis et Xarhakos, sous la direction de Xarhakos, également directeur de l'Opéra national de musique grecque.

De nombreux chanteurs grecs ont travaillé avec des musiciens étrangers : Maria Farandouri a collaboré avec le célèbre guitariste John Williams (1971) et le musicien turc Zolfo Livaneli (1982), Nena Venetsanou a collaboré avec l'auteur-compositeur catalan Lluis Llach pour un album intitulé Un pont de Mar Blava (1993) et le chanteur populaire Yiota Vei participait à l'album des Mammas (1997).

 

Parmi les maîtres du Bouzouki notons Marika Ninou, Tsitsanis, Vamvakaris, Xarchikos et Zambetas ainsi que Bayaderas, Kaldaras et Papaioannou pour le Rebetiko.

Bithikotsis est un des chanteurs populaires tandis que Sotiria Belou est l'Edith Piaf du rebetiko.

 

Notons pour terminer les chanteuses Xrispa, Elena Paparizou (gagnante de l'Eurovision en 2004), Glykeria, Angela et Eleftheria Arvanitaki.

 

Musique classique

La musique classique occidentale n'a fait son entrée en Grèce qu'après la fondation du royaume indépendant en 1832. En 1871, la fondation du conservatoire d'Athènes marqua une étape fondamentale dans la création d'une école de musique nationale. En Grèce, la musique classique attire une minorité croissante de la population et il existe plusieurs orchestres de renom, tels que l'orchestre national d'Athènes et l'orchestre national symphonique de la radio et de la télévision grecques.

La Grèce a vu naître de nombreux solistes et chefs d'orchestre d'envergure internationale, tels que les pianistes Gina Bachauer, Vasso Devetzi et Rena Kyriakou, ou les chanteurs Irma Kolassi, Yannula Pappas, Elena Souliotis et Nicola Zaccaria. En outre, deux artistes sont des références incontournables sur la scène musicale internationale : la chanteuse soprano Maria Callas et le chef d'orchestre, pianiste et compositeur Dimitris Mitropoulos. Depuis quelques années, d'autres artistes perpétuent cette tradition : les pianistes Nicholas Economou, Aris Garoufalis, Christodoulos Georgiades, Cyprien Katsaris, Elena Mouzalas, Dimitris Sgouros et Yannis Vakarellis, les violonistes Tatsis Apostolides et Leonidas Kavakos, le violoncelliste Yannis Vatikiotis, les guitaristes Kostas Kotsiolis et Eleftheria Kotzia, les chanteurs Agnès Baltsa, Aris Christofellis, Jenny Drivala, Daphne Evangelatos, Dimitris Kavrakos, John Modinos, Vasso Papantoniou, Costas Paschalis, Jeannette Pilou, Spiros Sakkas et Teresa Stratas, et enfin les chefs d'orchestre Dimitris Agrafiotis, Nikos Athindos, Miltiades Caridis, Dimitris Chorafas, Byron Fidetzis, John Georgiades et Alexander Myrat.

 

Compositeurs du XXème siècle

Parmi les compositeurs du XXème siècle, citons Manolis Kalomiris, Petro Petridis, Spiros Samaras, Nikos Skalkotas, Theodoros Antoniou, Georges Aperghis, Yani Christou, Dimitris Dragatakis, Yannis Konstantinidis, Aghyris Kounadis, Yiorgos Kouroupos, Anestis Logothetis, Nikos Mamangakis, Yannis Papaioannou, Jean Prodromides, Yiorgos Sicilianos, Dimitris Terzakis et Yannis Xenakis. Ils sont ou ont été généralement de véritables pionniers en matière de création musicale.

Mikis Theodorakis est mondialement connu pour la musique de Zorba le Grec (1964), le film qui permit au monde entier de connaître le bouzouki.

Yanni et Vangelis sont deux personnages incontournables de la musique électronique mondiale. Yanni a entre autres écrit l'album Live at the Acropolis en 1995, ainsi que de nombreuses bandes originales de films. Vangelis, ayant fait partie du groupe Aphrodite's Child, a composé des oeuvres classiques (Invisible Connections, 1985) ainsi qu'un nombre considérable de musiques de film. Il a gagné l'Oscar de la meilleure bande originale pour Les Chariots de feu, en 1981.

 

Le Bouzouki

Instrument emblématique du rébétiko, le bouzouki est une sorte de mandoline à trois paires de deux cordes, chaque paire produisant la même note. Elles sont le plus souvent accordées en la, ré, la. Sur la double corde la plus aiguë, le musicien joue la mélodie tandis que les deux autres paires, plus graves, sont réservées à l'accompagnement. On pince les cordes à l'aide d'un petit plectre, à l'origine une plume (de rapace généralement), taillé dans la corne ou une écorce de cerisier.

 

Le Baglama

Le baglama est un bouzouki en miniature. Son origine remonte au temps des rebelles persécutés par les autorités qui leur interdisaient la musique et le bouzouki. Sa petite taille (il ne mesure qu'une cinquantaine de cm de long) permettait de le cacher sous un long manteau et le dissimuler lorsque les policiers les emprisonnaient. Ainsi ils pouvaient jouer durant leur détention. Ils en fabriquaient aussi sur place avec des objets trouvés à portée de main. Les premiers baglamas étaient fait grossièrement à partir d'une gourde ou d'un morceau de bois creusé. La plupart des baglamas modernes sont encore fait à partir d'un bloc de bois creusé mais certains modèles sont fabriqués avec une caisse de résonnance de luthe comme le bousouki de grandeur normale. Le baglama est devenu essentiel pour tout joueur de bouzouki et possède plusieurs noms comme baglama, bozouk et kopuz. Il s'accorde d'au moins 14 façons différentes et son très long manche est garni de frettes (cordes de boyaux) amovibles. Traditionnellement, il se joue en solo ou en ensemble "Muhhabet", sans percussion. Les rythmes sont souvent marqués par la main qui frappe la table tout en jouant. Ses trois cordes, doublées ou triplées permettent une multitude de possibilités de jeux, de mélodies et d'harmonies.