Iria

 

Iria est un endroit sacré de l'égéen avec une vie et une fonction non interrompues du XIVe siècle av. J.-C. à nos jours. A l’époque égéenne, cet endroit (à Livadi) était sacré et il est le berceau de l'ordre ionique de l'architecture grecque monumentale. Le sanctuaire a été localisé en 1982, étudié de 1986 à 1996 et présenté au public depuis 1992 par l'université d'Athènes en collaboration avec l'école polytechnique de Munich. Dès la préhistoire (1300 av. J.-C.), et ce jusqu’à aujourd’hui, le site reçu une fonction religieuse. Les splendides trouvailles architecturales témoignent de son importance tout comme les nombreuses offres votives consacrées au dieu adoré dans le sanctuaire pendant toute sa longue histoire, mais plus particulièrement pendant les périodes antiques. L’évolution du culte à cet endroit (Dionysos dans l'antiquité et Agios Giorgios plus récement) témoigne d'une continuité culturelle à Naxos depuis avant 1500 av. J.-C.

D’abord culte en plein air de la période mycénienne (1300-1100) jusqu'à la période géométrique moyenne II (800-750), on verra ensuite se succéder quatre bâtiments, exactement au même emplacement et avec la même orientation. Le premier bâtiment a été construit vers 800 av. J.-C. et se compose d'une chambre pour une personne construite en bois et briques. C’est probablement une crue du fleuve voisin Byblines (aujourd'hui connu sous le nom de Peritses) qui le détruisit. Vers 730 av. J.-C., il est remplacé par un bâtiment constitué d’un hall avec quatre bas-côtés délimités par des colonnades. Autour des murs se trouvaient des bancs. Après la destruction, pour des raisons inconnues, de ce deuxième temple, un troisième bâtiment a été érigé vers 680 av. J.-C., en réutilisant les murs du précédent. Celui-ci possédait trois bas-côtés et avait une forme tétrastyle. Vers la fin du VIIème siècle av. J.-C., le culte était de nouveau pratiqué en plein air dont le foyer a été retrouvé pratiquement intact. Vers 580-570 av. J.-C. commence la construction du quatrième temple. C’était le plus grand de tous et le seul dont les vestiges sont évident (reconstitués). C'est un hekatompedon archaïque de style ionique construit avec la roche locale et composé d’un adyton (pour un culte de mystère), d’un portique de marbre (prostasis) avec des colonnes formant une entrée monumentale, et d’un autel en marbre. Les colonnades de marbre (tétrastyle) divisent le bâtiment en trois bas-côtés.

Vu l’instabilité du sous-sol et le fait que les constructeurs n’avaient encore que peu d'expérience en fondations pour de si grand temple, des réparations à grande échelle étaient rendues nécessaire lors de la période romaine (Ier siècle av. J.-C.). Au Vème siècle ap. J.-C., le temple a été converti en basilique chrétienne primitive. La création de la petite église byzantine de Sait George, à proximité immédiate du temple antique, a assuré la continuité du culte à cet endroit durant 3.300 ans.

Durant l'antiquité tardive, le sanctuaire a été entouré par un mur de clôture rectangulaire. Des fouilles plus récentes ont mis à jour un réfectoire cérémoniel, bâtiment destiné au festoiement lors des festivals. La partie la plus ancienne du bâtiment du réfectoire, absidale, remonte à la période pré-archaïque (VIIème siècle av. J.-C.). Lors de la période classique (IVème siècle av. J.-C.), il pouvait recevoir au moins à dix-huit personnes de marques mangeant allongées sur des divans, tandis que le reste des invités dînaient en plein air. Dans la région du bâtiment on a découvert une quantité abondante de poterie servant d’ustensiles de cuisine et de vaisselle.

Des recherches ont démontré que Naxos a joué un rôle important dans le développement de la sculpture et de l'architecture. Mes les premières étapes de la création du style monumental ionique demeurent inconnues. Le deuxième temple d'Iria (VIIIème siècle av. J.-C.) montre un arrangement monumental d'abord connu pour son intérieur en 4 ailes du temple hypostyle, étonnant pour son époque. Le portique en bois prostyle du troisième temple est précurseur de la façade à colonne des temples archaïques. Le quatrième temple, datant de 580-550 av. J.-C., fournit le premier exemple d’un temple ionique en marbre.