Nauplion

 

Evaluation : ***

Remarque : Eglise à la forme étonnante. Sinon rien de spécial.

 

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Siège du gouvernement révolutionnaire puis capitale éphémère de la Grèce de 1829 à 1834, Nauplion (Nauplie) est le pittoresque chef-lieu du département. C'est l'une des plus jolies petites villes de Grèce, dominée par le fort de Miltiade (Palamède) et le rocher de l'Acronauplie (fortifié au IIIe siècle av. J.-C.).

Habitée depuis la préhistoire, son nom signifie "station navale". Le mouillage fut sans doute un point d'escale fondé par des navigateurs orientaux représentés dans la légende par Palamède, fils de Nauplios. D'abord indépendante et affiliée à l'Amphictyonie maritime de Calaurie, Nauplie tomba vers 628 av. J.-C. entre les mains d'Argos qui en fit son port et un arsenal. Au temps de Strabon et de Pausanias, elle était abandonnée. Au IIe siècle, la ville est déserte mais il est encore fait mention de ruines de remparts et d’un sanctuaire de Poséidon. Au XIIe siècle, Acronauplie est refortifiée tandis qu’en 1389, les Vénitiens renforcent les fortifications de la ville avec de nouveaux murs frappés du lion de Saint Marc. En 1686, Francesco Morosini prend possession de la ville et fortifie la colline de Palamède accessible depuis l'Acronauplie par un escalier de 857 marches scandé de poternes. Les insurgés grecs parvinrent à reprendre la ville aux Turcs dès le début de la guerre d'Indépendance. La première assemblée nationale grecque s'y réunit en 1822. Promue au rang de capitale de la Grèce libérée en 1829, Nauplie accueillit, le 5 février 1833, le prince Othon de Bavière dont l'accession au trône de Grèce fut ratifiée là l'année suivante, Nauplie perdait son statut de capitale au profit d'Athènes.

La vieille ville avec ses maisons néo-classiques, ses ruelles pittoresques, ses balcons en bois fleuris, ses fontaines turques, la place Syntagma avec ses minarets et ses tables sur le trottoir, a un charme d'un autre âge. Au terme de luttes incessantes, le bonheur semble s'être fixé ici. On ressent l'envie de s'y enfoncer, à la recherche de son passé historique qui, pas à pas, surgit devant nos yeux : la demeure du régent Maurer, l'école militaire aménagée en musée militaire, le ministère de l'Armée, la première école, la Chambre des députés; Et l'imagination s'emballe, tantôt grimpant les 857 marches de l'escalier conduisant à la forteresse vénitienne de Palamidi (Palamède, XVIIIe) couronnant la ville, tantôt descendant vers la forteresse d'Acronauplia ou franchissant la baie jusqu'au petit îlot fortifié de Bourtzi (visite possible, entrée libre) portant un vieux fort vénitien (XVe s.). Le fort de Palamidi est un remarquable échantillon de l'architecture militaire vénitienne. La visite est intéressante ainsi que le panorama sur la baie de Nauplie et l'îlot de Bourtzi avec la forteresse vénitienne transformée en hôtel. Dans le passé, une chaîne était tendue entre Bourtzi et la terre ferme afin de fermer le port.

Sur la place Syndagma, un imposant édifice vénitien (arsenal) abrite le musée archéologique où sont exposés des objets de différentes époques, ainsi que des fresques provenant de Mycènes et d'Asiné. Dans la rue v. Alexandrou se trouve le musée d'art populaire (broderies et costumes traditionnels de la région). Notons encore la fondation du Folklore du Péloponnèse et le Premier Gymnase hellénique.

Dans un angle de la place Syntagma, l'ancienne mosquée Vouleftiko abrita la première assemblée de la Grèce libérée.

A l’entrée de la ville se trouve le Lion des Bavarois, un relief rupestre à la mémoire des soldats bavarois morts lors de l'épidémie de peste en 1833-34.

Parmi les églises notons :

Agios Giorgos, de style byzantin transformée en mosquée puis en église catholique. Elle est décorée de Fresques.

Agios Nikolaos sur la place centrale.

Agios Spyridon (1702), théâtre de l'assassinat du premier gouverneur de la Grèce : Capo d'Istria (Capodistria). La balle se trouverait toujours dans le mur.

Métamorfosis ou Frangoklissia (église des catholiques) sur l'emplacement d'une mosquée ayant elle même prit la place d'un monastère vénitien.

Sur la place Giatrou se trouve un monument au général Favier, à l'amiral de Rigny et aux Français tombés lors de la guerre d'Indépendance.

Nauplie possède également des routes en marbre, des maisons vénitiennes (1686-1715), des tombes à tholos mycéniennes sur le versant nord-est de la forteresse Palamède et le musée d'art populaire dans une maison néoclassique.

 

La citadelle d'Acronauplia (entrée libre) est établie au pied de la citadelle Palamède, à la pointe du promontoire fendant les eaux du golfe Argolique comme la proue d'une trière.

Le bastion de Grimani, construit en 1706 par les Vénitiens, est dominé par un puissant ouvrage à deux tours élevé à la fin du XVe s. et au début du XVIe s. Cet élément faisait partie d'une enceinte érigée par les Vénitiens à l'Est d'une autre dressée par les Francs pendant le siège de 1205-1210. A l'extrémité du promontoire se trouvent les vestiges d'une troisième enceinte construite par les Byzantins avant la conquête franque, directement sur les fondations de fortifications d'époque classique. Sous le gouvernement de Daniel Dolfin (1701-1704) fut bâti un demi-bastion renforçant les défenses du front nord du château byzantin. L'entrée monumentale, aménagée contre ce demi-bastion, fut ajoutée par les Vénitiens en 1713.

 

La forteresse de Palamidi (entrée gratuite le dim. de nov. à mars) se trouve sur une haute colline (216m) à l'est d'Acronauplia, fortifiée une première fois par les Vénitiens lors de leur seconde occupation de la région. C'est une forteresse baroque typique, basée sur les plans des ingénieurs Giaxich et Lasalle. Elle fut érigée par les Vénitiens, de 1711 à 1714, sous le gouverneur Agustino Sagredo et sous la direction du colonel français La Salle. Elle communiquait avec la citadelle de l'Acronauplia par un passage secret, et comporte sept forts isolés portant pour la plupart des noms de guerriers antiques (Thémistocle, Miltiade, Achille, Phocion, Epaminondas, Léonidas, la Chefferie).

En 1715 elle a été capturée par les Turcs et est restée sous leur commandement jusqu'en 1822 et sa libération par les Grecs. De petits travaux de restauration ont été réalisés aux murs. Les monuments les plus importants du site sont :

La forteresse, structure défensive vénitienne datée au début du XVIIIe siècle et se composant de huit bastions entourés par des murs. Un long escalier fortifié avec de petits remparts démarre au pied NE et amène à la forteresse sur le dessus de la colline.

L'église d'Agios Andreas, construite dans un des bastions de la forteresse.

La prison de Kolokotronis. Un des bastions, nommé « Miltiades », a été utilisé comme cellule de prison pour Theodoros Kolokotronis, héros de la révolution grecque.

Au-dessus de l'entrée de la forteresse de Palamède se trouve l’écusson de Venise (lion de Saint Marc) (XVIIe). Aujourd'hui il reste peu de vestiges des 4 forts successifs de l'Acronauplie.

Pour accéder à cette citadelle par l'impressionnant escalier d'environ 900 marches, partir de la place Nikitara (l'entrée est à gauche, après le début de la rue menant à l'hôtel Xénia).

 

Sur l'îlot de Bourtzi nous trouvons le troisième fort de la ville, elevé par les Vénitiens et ayant connu des destinations pour le moins variées. Après avoir servi longtemps à la défense de la ville, il logea au siècle dernier un individu redouté : le bourreau de Nauplie. Dans la mémoire grecque, l'îlot de Bourtzi passe désormais pour un lieu bien pacifique : c'est là que Mélina Mercouri passa sa lune de miel après son dernier mariage.

 

Le musée archéologique, installé aux premier et second étages de l'ancien arsenal vénitien, rassemble d'intéressantes trouvailles faites en Argolide. Au premier étage sont exposées des poteries du néolithique à l'époque mycénienne dont un très beau vase orné de poulpes aux tentacules largement déployés. La série d'idoles en terre cuite provenant de Mycènes retiendra davantage l'attention : il s'agit d'étranges statues ou vases anthropomorphes découverts dans une maison de la citadelle et d'un type jusqu'alors inconnu sur le continent. Au fond de la salle se trouve la plus ancienne cuirasse connue (XVe s. av. J.-C.) formée de bandes de bronzes superposées. Au-dessus se trouve un casque de même époque fait de dents de sanglier selon un type décrit par Homère dans l'Odyssée. Une vitrine contient quelques tablettes inscrites en linéaire B.

Le hall du second étage abrite deux grands pithoi, un chapiteau dorique archaïque, ainsi que des sculptures. Dans la salle sont exposés de nombreux objets en terre cuite (surtout des vases et des figurines) des époques géométrique, archaïque et classique. Quelques bijoux les accompagnent. Parmi les vases à figures noires, une amphore panathénaïque* (sur un socle) montre d'un côté la déesse Athéna, de l'autre un jeune cavalier vainqueur. Les ateliers de fabrication argien (pour l'époque géométrique), attique, corinthien et béotien (pour l'époque archaïque) sont représentés. Vers le fond de la salle, les objets les plus curieux sont des masques du VIIIe s. av. J.-C. et deux petits boucliers votifs en terre cuite du début du VIIe s. av. J.-C., provenant de Tirynthe. Le plus grand des deux montre du côté intérieur (légèrement concave), un centaure accompagné d'animaux sauvages, et du côté extérieur un combat entre un guerrier de grande taille (sans doute Achille ou Héraclès) et une Amazone en présence de deux autres guerriers (l'un debout, en action, l'autre gisant à terre, mort) et d'une autre Amazone. Sur le second bouclier apparaissent aussi des guerriers et des animaux. Noter enfin une petite baignoire en terre cuite.