Lerna

 

Dans les environs de Mili (10km) gisent les ruines mythiques de l'antique Lerne où Héraclès extermina l'hydre, dragon à corps de serpent et à neuf têtes vivant dans un marais. L'abondance des eaux favorisa l'installation de populations et le site fut effectivement habité depuis le néolithique (IVe-IIIe millénaires av. J.-C.), jusqu'au début de la période mycénienne (1580- 1200 av. J.-C.). Les vestiges datent de 2500 av. J.-C. (maisons des tuiles). La visite de ces ruines réduites aux fondations, mais encore évocatrices, sera comme un voyage dans la nuit des temps, bien avant l'époque mycénienne. C’est le plus ancien site connu de l'Argolide.

 

Le bas monticule artificiel situé du côté occidental du Golfe Argolique est un des emplacements préhistoriques les plus importants en Grèce. Il se trouve au pied du mont Ponticos, au sud du village de Myloi, pas loin du célèbre lac marécageux de Lerna. Dans le secteur fouillé (S et SE), les couches les plus profondes ont rapporté des vestiges d'une longue habitation au néolithique (vers 5500 à 3500 av. J.-C.). Le site a été abandonné de la fin du néolithique à l'âge du bronze (vers 2500 av. J.-C.) quand il s'est épanoui. Il a alors été fortifié et comprenait un grand bâtiment rectangulaire appelé « Chambre des tuiles » en raison des nombreuses tuiles de toit en argile trouvées parmi ses débris lors de la fouille. Dans une de ses salles, des morceaux d'impressions au cachet en argile ont été découverts. Les cachetages et les objets façonnés découverts témoignent de communications et un commerce maritime avec d'autres régions de l'Egée. Ce bâtiment et les fortifications ont été détruits vers 2200 av. J.-C. Le site a continué à être habité jusque vers 1700 av. J.-C. mais lors de la majeure partie de la période mycénienne (1800-1250 av. J.-C.), le monticule a été utilisé principalement comme cimetière et seulement sporadiquement pour l'habitation. Le site de Lerna a certainement été abandonné vers 1250 av. J.-C. Des fouilles ont été entreprises dès 1952. Des travaux de restauration ont été menés sur les fortifications et la tour en U (S et SE du monticule) comme sur les maisons de l'âge du bronze (N, NO, E et SE).

En laissant à gauche le bâtiment qui protège les vestiges les plus intéressants, remarquer d'abord les restes d'un mur d'enceinte renforcé de tours. Il date de l'Helladique Ancien et fut plusieurs fois remanié au cours de cette période. On distingue ensuite, dans une fosse, quelques traces d'une maison néolithique. Plus loin, on retrouve encore des restes de fortifications de l'Helladique Ancien. Noter quelques vestiges d'un escalier et de deux tours. Sous une toiture moderne, un pan de mur en brique crue appartient au mur d'enceinte.

En se dirigeant vers l'abri en béton, on aperçoit quelques traces de murs d'une vaste construction. Il s'agit peut-être du premier palais occupé avant la maison dont les vestiges sont protégés sous le bâtiment. Ce palais, érigé avec beaucoup de soin pendant l'Helladique Ancien, comportait un étage. Il fut ravagé par un incendie durant la même période et ses débris servirent en partie à l'aménagement d'une vaste aire circulaire bordée de gros galets (visibles par endroits), où l'on excava des bothroi (autels creux pour sacrifices).

Plusieurs tombes furent creusées sur le site durant l'Helladique Moyen et au début de la période mycénienne.