Ireo

 

L'Heraion d'Ireo (près de Vathy) est le plus important des sanctuaires consacrés à Hera. Les premières fouilles remontent en 1702. Aux XVIIIe et XIXe siècles, des voyageurs réalisèrent des schémas des vestiges du temple. C'est en 1879 que fut découverte la statue d'« Hera » de Cheramyes, maintenant exhibée au Louvre. Les monuments les plus importants de l'emplacement sont :

Le temple de Hera, diptère ionique, a été construit sous la tyrannie de Polycrates (538-522 av. J.-C.). Seule une colonne reste toujours debout, sur une demi hauteur de sa taille originale. D'autres bases ont été préservées ainsi que le bas des murs du stylobate. Herodotus a considéré ce temple comme le plus grand en Grèce. Il suit presque exactement les lignes de la cella et du pronaos du temple plus ancien « de Rhoikos » (570/560 av. J.-C.), mais en beaucoup plus grand (108,63m sur 55,16). Cette différence de taille est due à l'addition d'un troisième vestibule à l'avant et au dos du peristasis comme au temple d'Artemis à Ephesus, construit légèrement plus tôt. Le temple possédait au total 155 colonnes de quatre tailles et types différents. L'entabure devait avoir été réalisé en bois. Vu qu'aucune trace de tuile n'a été retrouvée, on suggère que le toit n'ait été jamais réalisé.

Le grand autel était même très grand au début et a occupé toujours la même position. Sept phases successives ont été distinguées dont la plus ancienne remonte à l'âge du bronze. L'autel du VIIIe/VIIe siècle av. J.-C., pour une raison inconnue (probablement liée au culte) n'a pas été placé dans l'axe au temple. Il acquit sa forme monumentale en 560 av. J.-C. et était presque contemporain au temple monumental de Rhoikos et de Theodoros, placé sur son axe. Sur base des vestiges conservés, on estime sa taille à 36,50m sur 16,50. Le site du culte était entouré d'un mur de 5 à 7m. L'autel a été décoré entre autre d'une frise intérieure montrant des animaux et des sphinx de combat. Lors des périodes romaines (Ier-IIe siècles) l'autel a été reconstruit en marbre et décoré de copies de décoration architecturale archaïque.

La route sacrée allant de la ville de Samos (Pythagoreion actuel) au sanctuaire, était déjà un important dispositif du paysage au début du VIe siècle av. J.-C.. Étant l'accès principal au sanctuaire, elle a été ornée de monuments votifs étroitements aligné sur toute sa longueur. Les colossaux kouroi en marbre trouvé sur la route ainsi que d'autres découvertes donnent une idée de la magnificence du site dès la période archaïque. La doublure en pierre massive de la couche de surface, en partie découverte jusqu'à Pythagoreion, a été construite vers 200 après J.-C. En 1980, les premières fouilles furent réalisées à l'entrée principale au sanctuaire et les kouroi colossaux découverts sont maintenant exposés au musée de Samos.

L'Hecatompedon I est considéré comme un des temples grecs les plus anciens, daté au VIIIe siècle av. J.-C. en raison de son état fragmentaire de conservation mais cependant sa reconstruction est hypothétique. C'est un bâtiment rectangulaire et oblong long de 33m, 100 pieds, lui ayant donné son surnom d'hecatompedon. Le rapport de la longueur à la largeur est de 5 à 1. Les murs étaient recouverts de crepis et une rangée de poteaux en bois reposant sur des galettes de pierre le long de l'axe central soutenaient le toit. La statue de culte de la déesse étaient installée sur une base rectangulaire simple faite de galettes de pierre à chaux.

Vers le milieu du VIIe siècle av. J.-C. l'Hecatompedon II a été construit sur les vestiges de son prédécesseur. La maçonnerie de mur était différente et un peristasis de poteaux en bois sur galettes en pierre a été probablement ajouté, alors que du côté est il a pu y avoir deux rangées des colonnes. Les deux temples étaient probablement dotés de toits à pignon couverts de tuiles d'argile.

« Le bâtiment du sud » est le temple le plus le plus au sud du sanctuaire. Périptère, il est orienté NE. La cella et le pronaos ont été divisés en deux bas-côtés par un vestibule central. Sa taille était de 39,90m sur 13,10. On peut noter que le peristasis ne se prolonge pas vers le côté est du temple, ce qui permit d'avoir les colonnes de la façade très largement espacées. Des colonnes cannelées de pierre à chaux sont attribuées à ce temple probablement construit au milieu du VIe siècle av. J.-C.