AGION OROS /MONT ATHOS

Type : Centre monastique orthodoxe, partie auto-administrée de la Grèce

Sperficie : 336 km²

 

Depuis 1000 ans, cette presqu’île est la concentration la plus importante de monastères orthodoxes dont les premières traces remontent au IXe siècle. Un aspect moins connu est son importance écologique : On y trouve différents écosystèmes et de nombreuses espèces d'animaux.

 

La république monastique du Mont Athos, bâtie sur la presqu'île orientale de la Halkidiki, est un lieu sacré avec une vingtaine de monastères dans des gorges verdoyantes ou accrochés aux rochers. Agion Oros (Montagne Sainte) est son nom grec. Pour séjourner dans cette république autonome de moines, il faut, sinon un passeport, une lettre d'introduction. Son intérêt est triple: religieux, artistique, géographique. Les falaises du Mont Athos sont d'autant plus impressionnantes que certaines d'entre elles sont couronnées de monastères véritablement accrochés au flanc du roc au moyen d'énormes poutres de bois; celles-ci semblent réaliser un miracle quotidien dans le domaine des calculs de stabilité. L'Athos possède également de magnifiques forêts, notamment celle où se trouve la promenade dite « des moines ». Depuis près d'un millénaire, le Mont Athos se singularise, dans le monde, par son statut de territoire religieux auto-administré, exclusivement habité par des moines orthodoxes et rigoureusement interdit aux femmes. Cette péninsule, unique au monde, s'avançant dans la mer Égée, conserve un ancien statut fixé par l'Etat byzantin instituant un équilibre entre la Communauté Sacrée du Mont Athos et le pouvoir impérial de Byzance. Ce régime distinctif reste toujours en vigueur, respecté et inscrit dans la Constitution de la Grèce.

 

Diverses légendes évoquent le nom et l'histoire ancienne du Mont Athos : Athos, un géant thrace, aurait jeté la montagne contre Poséidon au cours d'une bataille entre Géants et Dieux. Selon une autre légende, ce serait Poséidon qui aurait enterré sous cette masse rocheuse le géant Athos. Enfin, la tradition rapporte que la Vierge aurait tant admiré la beauté paisible et lointaine de la péninsule que son fils lui aurait fait cadeau de cette terre: « Que cet endroit soit à toi, ton jardin et ton paradis, et plus encore un havre de paix pour tous ceux qui veulent leur salut ».

Aujourd'hui, 1800 moines vivent sur le territoire athonite comptant vingt monastères, douze skites et de nombreux ermitages. Deux types de monastères se distinguent : les cénobitiques et les idiorrythmiques. Ces monastères, fondés pour la plupart par des princes byzantins au Xe sIècle, sont demeurés les mêmes depuis des siècles préservant ainsi les règles inscrites dans la tradition. Les monastères byzantins sont Karyes-Protaton, Esfhigmenou, Chelandari, Zographou, Vatopediou, Pantokratoros, Stavronikita, Koutloumousiou, Iviron, Karakalou, Philotheou, Grand Lavra, Agios Pavlos, Dionysiou, Gregoriou, Simonopetra, Xeropotamou, Agios Panteleimon, Xenophontos, Docheiariou et Castamonitou. Mais nous trouvons aussi des anachorètes installés dans les falaises.

Les monastères sont dits impériaux si leur fondation fut le fait d'actes d'empereurs byzantins marquant leur participation ou leur autorisation, patriarcaux si leur fondation est attestée par des actes patriarcaux, stavropégiques si une croix placée dans les fondations de leur église principale marque leur indépendance envers l'évêque local, souverains s'ils exercent leur souveraineté sur le territoire du Mont divisé (hormis Karyès) en autant de districts et auto-administrés s’ils s'administrent eux-mêmes, indépendamment de toute autre autorité ecclésiastique, exception faite de leur allégeance purement spirituelle envers le patriarcat de Constantinople. Les monastères ont à leur tête un higoumène nommé à vie, assisté par un conseil désigné par les moines les plus anciens pour un an.

Les autres établissements monastiques du Mont constituent des dépendances des monastères. Il s'agit des skites, des kelia, des kalyvès, des kathismata et des hésychastiria. Les skites peuvent être cénobitiques (4 cas) ou idiorrythmiques (8 cas). Les premières, dans leur aspect et leur mode de fonctionnement, rappellent les monastères tandis que les secondes ont l'apparence de villages faits de petites habitations isolées sans réfectoire commun, comprenant d'habitude une église. Le supérieur, nommé à vie dans le premier cas, élu chaque année le 8 mai dans le second, est désigné du titre de dikaios. Les kelia ("cellules"), au nombre de plus de 700, sont des bâtiments assez spacieux, possédant une église que le monastère met à la disposition de petites groupes de 3 moines au moins. Les kalyvès ressemblent aux petites habitations des skites mais elles sont plus petites et rassemblées en hameaux. Les kathismata sont de petits bâtiments situés au voisinage des monastères, avec ou sans église, et habités ordinairement par un moine seul. Les ermitages, hésychastiria ou askitaria, sont des abris sommaires où vivent les moines qui souhaitent se consacrer à l'ascèse sans entraves. Le Mont Athos est actuellement (1994) peuplé de 1 600 moines, qui ont tous la nationalité hellénique. Dans les monastères, c'est toujours l'heure byzantine qui est utilisée et le calendrier julien. Alors qu'il est 23h en Grèce, il est 5h au Mont Athos. Alors que nous sommes le 2 janvier, c'est le 21 décembre au Mont Athos.

 

La Grande Lavra est le plus ancien monastère du mont Athos. Il fut construit au Xe siècle (963) par Saint Athanase alors que la presqu'île était déjà habitée depuis fort longtemps par des ermites et des ascètes. Grâce à la protection efficace des empereurs byzantins, le nombre des couvents s'accrut rapidement. On en compta jusqu'à 40 et quelque 40.000 moines. Les monastères atteignirent leur apogée au XVe siècle. Après la prise de Constantinople, le mont Athos devint un centre spirituel et artistique, où trouvèrent refuge un grand nombre d'artistes et d'intellectuels byzantins. Aujourd'hui, à l'exception des cellules isolées, des ermitages, des lieux de retraite, etc, on peut encore voir 20 grands monastères dont 17 sont grecs, un russe (Aghios Pantéléimon), un serbe (Chiliandari) et un bulgare (Moni Zografou). La forme absidiale des deux bras du transept, ainsi que le double narthex, sont des éléments caractéristiques de l'architecture des églises du mont Athos. Les plus anciennes fresques appartiennent à l'Ecole Macédonienne, représentée principalement par Manuel Pansélinos et ses élèves. Pansélinos a décoré de merveilleuses fresques la plus ancienne église du mont Athos, celle de Protaton (Karyès), tandis que ses élèves ont peint l'église du couvent de Vatopédi. Les fresques plus récentes appartiennent à l'Ecole Crétoise, fondée par Théophane et perpétuée par Frango Kastellano de Thèbes. On y retrouve des influences italiennes et allemandes et elles sont caractéristiques de l'art ornemental du mont Athos. L'église de la Grande Lavra a été peinte par Théophane le Crétois et la chapelle d'Agios Nikolaos par Frango Kastellano. Des oeuvres de peintres crétois décorent les monastères d'Iviron, de Dochiariou, de Kontousmoussiou, etc. Le mont Athos est un véritable musée d'art byzantin et post byzantin, où l'on peut admirer des icônes, des reliques, des étoffes précieuses, des objets de culte, des vêtements sacerdotaux, des miniatures, des manuscrits, des documents religieux et impériaux, etc. Les bibliothèques les plus riches sont celles des monastères de la Grande Lavra, de Vatopédi, d'Iviron, de St Pantéléimon et de Dionysos.

 

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Les monastères en détail :

Agios Andreas - Agios Panteléimon - Agios Pavlos - Chilandar - Dionysios - Dohiariou - Esfigmenou - Filotheou - Grande Lavra - Grigoriou - Iviron - Karakalos - Kastamonitou - Koutloumousiou - Pantocrator - Roussikon (Agios Panteléimon) - Simonos Petra - Stavronikita - Vatopédi - Xenophontos - Xiropotamou - Zografou

 

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