Iviron (Mont Athos)

 

Le monastère idiorythmique Iviron (des Ibères) est situé au bord de la mer à 2h de marche de Karyès. On place la date de sa fondation par le dignitaire Jean Tornikios et deux moines géorgiens Ioannis et Euthymius (d'Iberes) vers le dernier quart du Xe siècle, grâce à des donations impériales. Il doit son nom à l'origine de ses fondateurs (« Ibérie » ou Géorgie), et est consacré à la Dormition de la Vierge. Le XVIe siècle a été une période de prospérité pour le monastère. Il fut alors décoré de splendides peinture (par exemple les fresques du katholikon). Sa tour massive et les dômes de ses églises contrastent beaucoup avec les autres parties du couvent, en bois et en pierre et peintes de diverses couleurs. La communauté monastique est responsable de la restauration des bâtiments ruinés entourant le monastère et offre l'hospitalité aux scientifiques souhaitant étudier les héritages historiques du monastère.

Les quatre bras de bâtiments du monastère forment un rectangle autour de l'église centrale et des deux chapelles historiquement importantes, dédiées à la Panagia Portaitissa et à John le précurseur. Une partie des côtés latéraux a été reconstruite au cours du XIXe siècle.

Le katholikon , bâti sans doute vers 980-983, présentait un plan en croix grecque inscrite. Il ne reçut des choeurs latéraux qu'en 1029 et 1030, après Lavra et Vatopaidi, avant d'être reconstruit en 1513 et orné de fresques à diverses époques (XVIe-XIXe siècles). Il reste du premier bâtiment le merveilleux pavement du sol (milieu du XIe s.), de très belles icônes (notamment la Vierge dite Portaïtissa) et la porte d'argent et d'ébène à l'entrée du narthex. Des icônes récemment nettoyées y sont exposées. Dans une petite chapelle voisine, faites-vous montrer l'icône miraculeuse de la Panagia Portaïtissa (très effacée), du Xe s. environ, que le moine Gabriel tira de la mer et qui lui aurait permis de marcher sur les eaux.

On remarque dans la cour la phiale, le réfectoire, la très riche bibliothèque qui possède plus de 2 000 manuscrits (dans la petite exposition, un évangile du XIe siècle, un tétraévangile du XIIIe, le roman de Barlaam et Joasaph, du XIIe-XIIIe siècles, etc.) et les chapelles de la Vierge dite Portaïssa (1680) et du Prodromos (1710). La fête se tient le jour de la Dormition de la Vierge, le 15 août, et est célébrée avec une splendeur particulière. De nombreux pèlerins visitent le monastère pour les miracles légendaires de la Panagia Portaitissa. Le skite du Prodromos, un peu plus à l'ouest, dépend de ce monastère.

Près du couvent se dresse un hospice où les moines soignaient les fous et les lépreux. De là, on peut gagner le petit port (arsana) où vivent les moines pêcheurs qui procurent du poisson frais au couvent.