Mont Athos : Cénobites et Idiorrythmiques

 

Idiorrythmiques

Les couvents «idiorythmiques» sont une originalité de la Sainte Montagne introduite au XVIIIe s. Ils jouissent d'une plus grande autonomie et de règles moins sévères. Ici, seul l'office divin est commun, les moines vivent indépendants, disposent tous d'un lopin de terre et pratiquent des activités bien définies dirigées par un Conseil. Chacun y vit "à son propre rythme", chaque moine possède sa propre cellule, plus ou moins luxueuse selon les revenus dont il dispose. Les religieux peuvent en effet librement jouir de leur fortune qui reviendra au monastère après leur mort. Ils ne sont astreints à aucun travail en commun, ni à aucune liturgie, à l'exception de l'office du soir. On peut, comme Jacques Lacarrière, voir dans cet adoucissement de la vie communautaire une sorte de prolongement des écoles philosophiques de l'ancienne Grèce où la cohérence du groupe reposait davantage sur l'adhésion personnelle des élèves, le rayonnement particulier d'un maître que sur des règles extérieures et impératives (L'Eté grec).

 

Cénobites

Les couvents «cénobites» sont de véritables villes fortifiées, de forme rectangulaire, aux murailles flanquées de tours. Ils comprennent une église ou «katholikon» (qui se dresse en général au centre de l'enceinte), avec la «phialè» (sorte d'abri pour l'eau bénite), un réfectoire ou «trapéza», un hospice ou «archontariki», et les cellules des moines. Tout y est mis / fait en commun: l'argent, les vêtements, le travail, la prière, le repas, l'autorité suprême assurée par un Conseil guidé par l'Higoumène (Supérieur Spirituel). Les moines prient 8h par jour: litourgia (messe), hespérinon (vêpres), apodipnon (complies), nyctérinon (office nocturne qui se prolonge la nuit entière), agrypnia (vigiles), panygiris (rassemblement solennel). Ils sont en outre astreints à un certain nombre de metania (génuflexions) par jour.

 

Ermites et vagabonds

A côté de ces deux grandes catégories, on trouve des anachorètes, ermites qui vivent isolés dans des cellules (kelliès) parfois inaccessibles, des sarabaïtes, ermites en groupe de deux ou de trois, vivant dans des maisons (kalyvès) isolées avec une chapelle particulière, et des gyrovagues, pauvres moines mendiants et vagabonds.