Edessa

 

Evaluation : **

Remarque : Impressionnante cascade. Beau site tout autour.

 

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Situé dans le nord de la Macédoine, entre Thessalonique et Kastoria, Edessa est parcourue de nombreux ruisseaux (cascades, ***) et un cadre verdoyant l'entoure. Edessa pourrait être le lieu de naissance d'Alexandre le Grand.

 

L'habitation la plus ancienne du site archéologique de "Longos" date de l'âge du bronze (IIIe millénaire av. J.-C.). Beaucoup plus tard, au IVe siècle av. J.-C., une ville s'est développée avec une acropole et une ville basse. Vers la fin de ce siècle, elle a été fortifiée avec un mur monumental et sa disposition interne a été modifiée. Elle s'est épanouie lors de la période romaine en raison de sa position sur la via Egnatia. Selon des inscriptions qui ont été trouvées, la ville a possédé un Bouleuterion, un temple de Zeus Hypsistos et de Dionysos. Edessa a maintenu son importance lors du début de la période chrétienne comme en témoignent les vestiges de basiliques. Depuis la fin du VIIe siècle, la ville s'est limitée au château de Vodena, dans le secteur de la ville moderne. Les fouilles commencèrent en 1967 et sont toujours en cours à l'acropole, dans la ville basse et dans les cimetières situés en dehors des murs, le long de la via Egnatia. Les découvertes réaffirment l'importance de la ville, de son organisation sociale et économique au travers des siècles et de ses échanges commerciaux.

Il semble que d'un petit bourg agricole, Philippe II de Macédoine fit de Longos une ville ayant reçu ses fortifications au IIIe s. av. J.-C. Elle appartenait à une série de places fortes dressées par les successeurs d'Alexandre en Macédoine. La ville basse était protégée par des murs de fortification de 3m d'épaisseur, défendus par des tours situées à intervalles réguliers. Les invasions barbares du IVe s. de notre ère contraignirent les habitants à renforcer les défenses de la ville, au détriment parfois d'édifices plus anciens qui servirent de carrière. Ce ne fut pourtant pas suffisant pour contenir les Avars et les Slaves aux siècles suivants. La ville basse fut définitivement abandonnée, sans doute détruite et pillée par un raid barbare. Les habitants trouvèrent refuge sur l'acropole qui resta une prospère petite ville byzantine jusqu'à sa prise par les Turcs en 1380. L’armée grecque s'en empara en octobre 1912.

 

Le site archéologique de Longos Edessas est situé à 2 km environ de la ville moderne. Il n'est ni enclos ni gardé. Les fouilles menées par l'archéologue grec Ph. Petsas ont mis au jour des vestiges importants du rempart -que l'on remarque en premier lieu- semblant dater du IVe s. av. J.-C. et l'une des entrées de la ville. De là part une longue rue dallée bordée de colonnes ioniques. Belle vue sur les cascades et sur la ville moderne. Les monuments les plus importants du site sont :

L’acropole se trouve à l'extrémité du plateau rocheux sur lequel est bâtie la ville actuelle.

Le mur de fortification a été construit en 300 av. J.-C. et réparés à plusieurs reprises au cours de l'histoire de la ville. Ils font partie des murs de fortification les mieux préservés en Macédoine, jusqu'à une hauteur de 5m. La porte sud incluant une cour circulaire inscrite dans une tour rectangulaire. La construction suit les principes principaux de l'architecture défensive décrits dans les sources littéraires antiques.

La voie pavée monumentale traversant la ville est bordée de colonnes de marbre et de piliers. Une des colonnes est couverte d'inscriptions enregistrant des actes des manumissions. Les colonnes effondrées qui se sont tenues le long des côtés de la voie ont été reconstituées.

Un sanctuaire peut-être dédié à la déesse Mâ.

Quelques vestiges d'habitations hellénistiques.

Des édifices de la période romaine et de l'époque protobyzantine (jusqu'au VIe siècle après J.-C.).

 

Dans la ville basse nous avons les ruines d'une basilique paléochrétienne et une importante forteresse de la période médiobyzantine. La ville a été détruite par un important séisme en 1395. La plupart de ses églises ont été incendiées pendant l'occupation allemande. Seule subsiste, dans le quartier de l'archevêché, l'église de la Kimissis ti Panagias ou Dormition de la Vierge (à droite en arrivant de Thessalonique). A l'intérieur, belle iconostase en bois sculpté et restes de peintures des XIe et XIVe s.

L’église épiscopale byzantine du XIVe est une église à 3 nefs couverte en charpente et appelée "ancienne métropole". Elle est consacrée au Christ, à la Sagesse et au Verbe de Dieu. Ses murs Nord et Sud ont été restaurés au milieu du XVIIe s et son narthex construit bien plus tard. L’intérieur est décoré de quelques fresques dont les plus anciennes datent de +/- 1380.

L’église des apôtres Pierre et Paul est une basilique à 3 nefs sans doute médiobyzantine restaurée en 1856. On y voit des vestiges de fresques des années 1370-1380.

Notons encore les églises Saint Jean (époque romaine), saint Théodore, de la Panagia et assomption (construite sur l'emplacement d'un temple antique).

La ville abrite également la collection archéologique logée dans la mosquée Yeni Çami (XIXe s.), intéressante point de vue architecture, l'école de fille Parthenagogeion et le quartier ottoman restauré de Varossi. Comme achats vous trouverez des tapis et des laines.