Toroni

 

Sur la colline au sud de l’agglomération contemporaine (138km de Thessalonique et 76km de Polygyros) se trouve le site de la ville antique. La plage s'étendant sur plus de deux kilomètres de longueur est dominée par les vestiges de la forteresse byzantine précédant ceux d'une basilique paléochrétienne. Notons aussi la tour en pierre, joyaux de l'ère byzantine.

La péninsule rocheuse prouve que Toroni a été habitée sans interruption depuis le Néolithique (IIIe millénaire av. J-C.). Des migrants originaires d'Eubée ont habités Toroni au VIIIe siècle av. J.-C. La ville a rejoint l'Alliance Athénienne jusqu'à sa conquête par les Spartiates. Le roi Philippe II de Macédoine l’a conquise en 348 av. J.-C. puis les Romains en 168 av. J.-C. avant d’être détruite par des raids barbares au VIe siècle de notre ère. C’était une des villes les plus grandes et les plus riches de Halkidiki. Sa situation est décrite par Thucydide avec le siège de Likithos (la petite et raide péninsule rocheuse à l'extrémité sud de la plage qui faisait partie des murs de l'ancienne Toroni) par les Spartiates au cours de la guerre du Péloponnèse. Lors de l'occupation romaine et l'époque byzantine, les murs de la ville ont été renforcés afin de la protéger côté mer et côté terre. Ils furent construits avec les matériaux de construction de l'ancienne acropole et probablement détruits sous l'occupation ottomane. De très importants objets ont été trouvés dans le cimetière de la ville dont un merveilleux pichet d'argent (Ve siècle av. J.-C.) avec des méduses gravées sur les poignées, exposé au Musée archéologique de Thessalonique. Le visiteur peut voir une partie des murs de l’acropole et des ruines de la ville. Les quais du port, en grosses pierres de granit, ont été découverts au fond de la mer avec des vestiges de murs de pierre se prolongeant sur le rivage, probablement les entrepôts de la ville. Du cimetière de l’âge du fer (XIe siècle av. J.-C.), 134 tombes ont été fouillées et 500 objets entièrement conservés découverts.

La basilique chrétienne à trois nefs dédiée à Agios Athanassios (Saint Athanase) a été construite au Ve siècle. Un incendie l’a détruit au VIe siècle et une autre a été construite sur les fondations, également détruite plus tard. La mosaïque de la nef centrale a été conservée en bon état jusqu'à aujourd'hui. Elle se trouve près de la route menant de Toroni à Porto Koufo, entre deux autres plus anciennes églises chrétiennes.