Stageira

 

Construit au pied de la montagne Stratoniko (Strebenikos) et de la colline Argirolofos, à une altitude de 500m, environ 8 km au sud-ouest de l'ancienne Stagira, 108km de Thessalonique et 52km de Polygyros, ses anciens noms étaient Sidirokafsia et Kazantzi Machala et il appartenait à Mademochoria. La région est déjà mentionnée au début du Xe siècle alors que les mines étaient en pleine exploitation dont les monastères du Mont Athos reprirent plus tard leur gestion. Du XVe siècle et durant toute la durée de domination ottomane, l'exploitation minière est devenue plus intense, surtout lorsque le village était sous le contrôle de Madem Agas. Au cours de ce siècle, le village a possédé sa propre monnaie. Au XVIe siècle, un château a été construit dont il reste encore des vestiges (seulement trois tours en partie en ruines). Il reste aussi les ruines du bain public qu’Ishak Pacha construisit au XVe siècle. Athanasios Stagiritis (1780-1840), Maître de la nation et grand adversaire d’Adamantios Korais venait de Stagira, comme Dimitrios Stagiritis, combattant de la révolution de 1821 et plénipotentiaire de Macédoine dans la 3ème Assemblée Nationale d’Epidaure et dans le 4ème d’Argos. Eleftherios Michael, combattant de la révolution de 1821, venait lui de la colonie voisine maintenant déserté de Chorouda. Il est à noter que le grand philosophe grec Aristote est né dans l'ancienne Stagira. C’était le plus grand philosophe des périodes antiques et professeur d'Alexandre le grand. Les fouilles ont mis à jour la fortification classique et hellénistique de la ville, préservée en très bon état avec des tours rondes et carrées, des escaliers et un système d’égouts, divers bâtiments publics dans l'agora (stoa classique), un sanctuaire archaïque, le Thesmophorion, des maisons privées des périodes classiques et hellénistiques, et les usines hydrauliques de la ville. Le parc d'Aristote est situé à l'entrée du village et sur la gauche la colline d’Agios Dimitrios avec le complexe de Sidirokafsia construit au début de la domination ottomane. Sidirokafsia était le siège de la mine et un important centre administratif de la région. En entrant dans Stagira vous verrez l’église de l'Assomption de la Vierge Marie d'une grande importance archéologique, construit en 1814 avec le soutien du monastère d’Hilandariou (Mont Athos). C’est une des rares ayant un style cruciforme. Il est intéressant de voir l'intérieur en demandant au prêtre de vous laisser entrer. On y trouve des icônes du XIXe siècle dont une icône miraculeuse de la Vierge à la Porte et des fresques des évangélistes et de l'Archange Michel. Demandez aussi aux habitants de vous montrer l'église de Panagouda (ou Panagia Spiliotissa), construit dans la roche en 1903 au sommet du village. A l'époque byzantine, c'était un petit monastère dédié à la Nativité de la Vierge Marie. Une grande fête y a lieu le 8 Septembre. A côté se trouve une tour de l’époque de Sidirokafsia et de nombreuses maisons du quartier voisin ont été construites au-dessus de plus anciennes des Xve et XIVe siècles.

 

Le Parc Aristote, un parc à thème unique en Halkidiki, se trouve à une altitude d'environ 500m dans le village historique de Stagira, à côté des restes de Machalas, la capitale de Mademochoria. Il vaut le détour pour ses instruments intéressants et la magnifique vue sur le golfe d’Ierissos. Lorsque la météo est bonne, vous pouvez voir quelques-uns des monastères du Mont Athos en utilisant un télescope. Le parc préexistait et la situation exceptionnelle a été choisie en 1956 pour accueillir la statue d’Aristote faite par le sculpteur Nicolas en l'honneur du grand philosophe né dans la Stagira antique. Les instruments interactifs uniques y ont été placés en 2003 par la Corporation municipale de Stagira-Akanthos. Ce sont des instruments expérimentaux utilisant les règles de la physique mentionnés dans les manuels d'Aristote et en particulier dans celui appelé "The Naturals". Avec cet ajout, le parc est devenu une destination de prédilection pour tous les visiteurs et les écoles car il combine loisirs, divertissement et éducation. Il est estimé que plus de 15.000 visiteurs le visite durant l'été. La tour de Madem Agas s'y trouve également avec la maison qui était le centre administratif des mines de Sidirokafsia. Les instruments sont :

Le compas : Il est placé face à la statue d'Aristote et symbolise le fait que sa philosophie a atteint toutes les parties du monde et est un point de départ de la pensée scientifique dans le monde moderne, et appartient à l'humanité. Il affiche la direction et la distance des plus célèbres villes du monde par rapport au parc.

Les télescopes : En utilisant les télescopes modernes placés dans des endroits précis, le visiteur peut se concentrer sur les détails et profiter de la vue magnifique sur le golfe d’Ierissos et la péninsule du Mont Athos.

Le prisme : La lumière blanche du soleil passe à travers le prisme spécial et les fameuses "couleurs de l'arc en ciel" sont analysées en raison des différentes vitesses de chaque rayonnement individuel, puisque chaque longueur d’onde différente de rayonnement sort par un angle différent.

Le cadran solaire : Placé horizontalement, il indique le moment exact de l'endroit où vous vous trouvez. Il y a une différence d’1 heure 25 minutes par rapport à l'heure actuelle durant l'été et 25 minutes en hiver. Les lignes incurvées sur la plaque du cadran identifient le mois en cours.

La lentille : Le panneau à côté de la lentille nous apprend que chaque photon, c'est à dire chaque petite partie de la lumière, a peu d'énergie toute seule mais lorsque tout est concentré en un seul endroit alors l'énergie devient plus importante.

Le pentaphone : Il se compose de cinq grandes pièces de granit calculées pour produire un son de fréquence différente, une note différente. Ces cinq notes sonnent selon l'échelle du pentaphone ancien.

Les disques optiques: En les expérimentant vous constaterez que lorsque les images passent devant notre champ visuel à grande vitesse, l'oeil humain ne les comprend pas comme différentes mais il crée un ensemble visuel continu comme si nous regardions un film. Cela se produit parce que l'impression de l'image sur le nerf optique dure 1/16 de seconde due à l'inertie. Cette qualité de l'oeil est appelée persistance de la vision. Le cinéma dépend de "l'incapacité" de l'oeil pour voir plus de 24 images par seconde.

Le Pendulum: Alors que les personnes âgées s’en souviendront, les jeunes apprendront que l'énergie de l'un des systèmes initiant l'oscillation est transférée à l'autre en raison de la conjonction. L'effet est que la largeur d'oscillation diminue dans le premier système et augmente dans l'autre.

La turbine à eau : En faisant tourner le levier on peut créer une turbulence dans le liquide contenu dans le récipient transparent et comprendre la physique du phénomène ou la comparer avec la rotation de l'éolienne qui crée une tornade.

L’inertie des sphères : En jouant avec l’inertie des sphères, nous sommes toujours impressionnés par le phénomène de transfert de mouvement, lorsque, lors du premier impact, l'élan initial est maintenu et successivement transféré de la première sphère à la dernière.

Les réflecteurs paraboliques: Ils sont placés sur une ligne droite avec une grande distance l'un de l'autre. Si deux personnes se tiennent devant chacun d’eux, ils peuvent avoir une conversation, même s’ils chuchotent. Cela se produit parce que le transfert par ondes sonores de l'air, se reflètent, leur énergie est concentrée dans le centre et le son se retrouve amplifié dans les oreilles de ceux qui participent à l'expérience.

Les instruments expérimentaux interactifs sont accompagnés par des textes pertinents affichés sur des plaques, issus du travail préservé du grand philosophe.

 

Le plus important site historique en Halkidiki est l’ancienne Stagira situé 500 mètres au sud-est d’Olympiada sur la péninsule de Liotopi. La ville occupait les deux collines de la péninsule séparées par une bande de terre basse et pour visiter le site complet il faut compter au moins 2 à 3 heures. Des colons ioniens venus de l'île d'Andros fondèrent la ville en 655 av. J.-C. puis des colons de Chalkida sont arrivés un peu plus tard. Le premier nom de la ville était Orthagoria et des sources anciennes sont précises sur la localisation. Stravonas est situé en zone côtière au sud de l’Akanthos antique et mentionne en face l'existence d'un petit îlot nommé Kapros (probablement l'île actuelle de Kafkanas). Le fait que le même nom soit attribué au port de Stagira est une option vu les nombreuses pièces portent le symbole d'un bateau.

Après la fin des guerres médiques, Stagira rejoint la Première Alliance Athénienne mais les enregistrements montrent que sa contribution financière était petite. Cependant, lors de la guerre du Péloponnèse en 424 av. J.-C., la ville a été reniée par les Athéniens, s’est alliée avec les Spartiates. Vrasidas s’est montré aux membres de l'Alliance comme un libérateur venu les sauver. Cette proposition a eu au moins un effet sur une partie de la population qui voulait être libérée de drainage économique appliqué par Athènes. Vrasidas a commencé avec ce plan la division de l'empire athénien dans le nord de la Grèce. Il a conquis quelques autres villes lors de sa campagne comme Akanthos et Amfipolis, une des plus importantes colonies athéniennes. Au printemps 423 av. J.-C., Athènes et Sparte ont signé une trêve mais Vrasidas a refusé de renoncer à son projet. En Avril 422 av. J.-C., la trêve a pris fin et Athéniens a envoyé un corps expéditionnaire sous Kleonas afin de reconquérir les propriétés dans le Nord de la Grèce. Vrasidas a écrasé les Athéniens à Amfipolis où lui et son adversaire Kleon ont été tués. Ainsi Stagira n’a jamais rejoint la nouvelle Alliance Athénienne. Plus tard Stagira rejoint la "Commune de Chalkidiens», confédération de villages de Halkidiki ayant Olynthos comme capitale. Philippe II, père d'Alexandre le Grand, a rasé la ville lors la guerre d’Olynthos en 349 av. J.-C. et reconstruite sous le nom d'Aristote qu’il appréciait beaucoup. Selon d'autres sources la ville aurait été reconstruite probablement par Alexandre le Grand lui-même. Malgré la reconstruit plus tard de la ville, cette catastrophe a marqué le début d'un déclin et la ville était déserte à l'époque gréco-romaine. Il est à noter que Stravonas (63 av. J.-C. - 23 après J.-C.) mentionne dans ses célèbres « Geographics » que lors de visite Stagira était déjà déserte. A l'époque médiévale, un château connu sous le nom Livasdia ou Lipsasda est mentionné vers l'an 1000, situé à l’emplacement de l'ancienne ville. Le visiteur peut aujourd'hui voir les restes de certains bâtiments sur le versant nord du site archéologique ainsi que le petit mur byzantin à ses pieds. Les premières fouilles dans l'ancienne Stagira eurent lieu à la fin de 1960 et continuent encore à mettre à jour d’importantes découvertes. Le musée archéologique de Polygyros présente les résultats de ces fouilles.

Lors de son décès en 322 av. J.-C. à Halkida, le corps d’Aristote a été transféré dans sa ville natale, Stagira, où il fut été enterré avec de grands honneurs. Il a été déclaré «fondateur» de la ville et un autel a été construit sur sa tombe. « Aristoteleia », une célébration en honneur à son nom a été établie. De nos jours, les autorités locales et d'autres organismes tentent de faire revivre l’ « Aristoteleia ».