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Nafpaktos (Grèce de l'Ouest)

Curiosités : port, fortifications, chateau, églises...

Rubriques : Histoire, Visites, Hôtels, Restaurants

 

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La municipalité de Nafpaktos, en préfecture d’Etoloakarnania est, point de vue population, la seconde municipalité de la préfecture. Cette ville maritime est baignée par le golf de Corinthe et allie la montagne et la mer. La ville, d’une beauté unique et dont le nom signifie arsenal, possède un héritage culturel riche et une beauté naturelle sans pareille. On y trouve un grand nombre de curiosités tel le château au sommet de la colline, le petit port pittoresque protégé par ses fortifications vénitiennes, la tour de l’Horloge, la Vieille Ville et son centre historique ayant conservé sa physionomie traditionnelle, ainsi que la maison de maître de Botsaris.

Le visiteur peut se baigner aux deux plages organisées par la ville (Gribovo et Psani), et surveillées par des sauveteurs. Ces plages ont reçu le drapeau bleu de l’Union Européenne. Dans la région montagneuse de Nafpaktia, le visiteur rencontrera au cours d’excursions de merveilleux paysages, pourra descendre le fleuve Evinos en kayak, pratiquer l’alpinisme...

On croit qu’à l’Antiquité, l’Asklipeio se trouvait à la partie orientale de la ville, à Tsoukari, où l’on a trouvé de nombreuses épigraphes anciennes.

 

Bref historique de Nafpaktos.

- En 1104 av. J.-C., selon le témoignage d’Apolodoros et de Pafsanias, les Doriens s’y installent pour construire des bateaux. De grandes personnalités ont vécu à Nafpaktos durant toute l’antiquité, comme le devin Karnos ayant été assassiné par Ippotis (arrière-petit-fils d’Hercule), Oxilos (fils de Gorgous, soeur de Dieanira, épouse de Hercule), Apis de Nafpaktos (grand docteur, fils d'Apollo, auquel Eschyle fait référence dans « Les Suppliantes »), le poète Karkinos (ayant écrit les « épopées de Nafpaktos ») ainsi que les sculpteurs Menechmos et Soidas. La légende veut que le grand poète Hésiode ait été assassiné dans la région de Nafpaktos par Ktimenos et Antifos, car ils ont supposé qu’il ait compromis leur soeur.

- En 454 av. J-C., le général Tolmides d’Athènes envahit Nafpaktos et la ville est intégré à l’Alliance Athénienne. Thucydides rapporte que des grandes batailles navales ont eu lieu dans le golfe de Nafpaktos lors de la guerre du Péloponnèse (431-404 av. J-C.), quand les généraux Atheniens Formion et Konon siégeaient dans la ville.

- Vers 400 av. J-C., la ville passe entre les mains des Locrous et en 367 entre celles de Thiva.

- En 338 av. J-C, Nafpaktos passe entre les mains des Macédoniens et lors de la période de la Confédération étolienne, la ville continue d’être un grand centre commercial et stratégique.

- En 217 av. J-C, Agelaos de Nafpaktos invite tous les Grecs de la région à s’unir contre les Romains qui occupèrent Nafpaktos et sa région.

- En 551 après J-C. La ville a été détruite par un tremblement de terre.

- En 896-900 Nafpaktos est devenue capitale d’un grand dème byzantin et devient une métropole.

- En 1210 la ville appartenait au Despotat d’Épire.

- En 1407 les Vénitiens ont occupé la ville.

- En 1499 Nafpaktos est passée aux Turcs.

- En 1571 (le 7 octobre) : une des batailles navales de plus importantes de l’histoire mondiale s’est déroulée dans la région maritime de Nafpaktos et porte le nom de la ville.

- En 1687 le Vénitien Morosini occupe la ville.

- En 1699 Nafpaktos a été rendue aux Turcs suivant le traité de Karlovitz.

- Le 18 Avril 1829 Nafpaktos est libérée des Turcs.

 

LA BATAILLE NAVALE DE NAFPAKTOS (le 7 Octobre 1571)

L’expansion menaçante de Turcs au XVIème siècle, leur maîtrise de l’Egée et l’occupation de Chypre (en 1571), ont obligé les puissances chrétiennes du Sud à réagir. Le 20 mai, le pape Pi V est arrivé à la coopération entre les deux grandes puissances de l’époque, l’Espagne et Venise et a formé « La Sainte Alliance » (Sacra Liga). Le 16 septembre, les forces navales d’Europe, se sont rassemblées au port de Messine en Italie. La flotte a été composée de navires vénitiens, espagnols, papaux, savoisiens, des Chevaliers de Malte et d’autres petits états d’Italie. On a assigné le jeune prince Don Juan d’Autriche au poste de chef et aux postes des amiraux, on a assigné Marcantonio Kolona, Jean Andrea Doria, Sebastian Venier, Marco Kouirini et A. Barbarigos. Dix jours plus tard, la flotte européenne était à l’ancre à Kefalonia et comptait 210 galères (dont la moitié était vénitiennes), 30 frégates espagnoles, 24 bateaux de transport et d’autres embarcations avec 28.000 hommes au service des Espagnols, 8.000 au service des Vénitiens, 2.000 de l’État papal et nombreux autres venus d’ailleurs dont quelques 15.000 Grecs, également au service du sultan. La flotte turque, avec à sa tête kapoudan Mouezin-zante Ali pacha, ancrée à Nafpaktos et constitué d’environ 230 galères et 50 autres plus petits navires, s’est mise en route vers l’ouest de Nafpaktos, au matin du 7 octobre. L’abordage de deux flottes fut long et furieux. Des sources rapportent que les accrochages continuèrent jusqu’à la fin de l’après-midi alors que le résultat était assez clair. La flotte turque a subi une grande déconfiture avec 20.000 mahométans tués (dont parmi eux le kapoudan pacha, le chef Mehmet Siroko d’Egypte, 30 gouverneurs des provinces et 160 beys), seuls 35 des 230 navires ont été sauvés. Les pertes des Européens étaient 8.000 morts (dont Barbarigo). Les Grecs morts, des deux parties, étaient environ 8.000, alors que 15.000 esclaves des galères des Turcs ont retrouvé leur liberté. Selon les sources historiques, la contribution des Grecs était très importante. On rapporte que « les esclaves chrétiens des navires turcs, dans la confusion de l’abordage, détruisaient les mâts et coupaient les cordes avec les mêmes épées que les Turcs leurs avaient donnés » (Giovanni Pietro Contarini).

Le grand auteur espagnol Miguel De Cervantes fut parmi les personnalités à avoir participé à la grande bataille navale comme officier du navire « Marquise » d’Andrea Doria ainsi que Manousos Theotokopoulos (le neveu d’El Greco) et Marinos Sigouros de Zakinthos, le père de Saint Dionisios, évêque d’Égina. De grande importance, la victoire des puissances européennes à cette bataille a permis de couper la politique expansionniste de l’empire ottoman vers l’Europe. Cet événement a été un puit d’inspiration pour la plupart des grands peintres (Tintorento, Veroneze, Titsiano, Domenico Theotokopoulos, etc.).

Tous les ans, la municipalité de Nafpaktos organise de nombreuses manifestations en commémoration et en l’honneur de cette bataille, où assistent des délégations des États ayant participé au grand événement historique, mais aussi d’ailleurs dans le monde.

 

LA LIBERATION DE NAFPAKTOS (le 18 Avril 1829)

À l’époque de l’insurrection de 1821, Nafpaktos a vécu la fièvre du mouvement révolutionnaire. Le gouvernement grec révolutionnaire considérait le port de Nafpaktos comme un lieu stratégique dans la région et c’est pourquoi il fut assiégé en mai 1821, par voie de terre comme par voie de mer mais sans résultat. La libération de la ville a eu lieu le 18 avril 1829, lorsque le pacha Kior Ibrahem, suite à un siège, a rendu la ville au gouverneur Ioannis Kapodistrias.

 

Visites

 

Le quartier du château (**)

Le Château (*) Le château (*) a été bâti sur les vestiges de murs remontant à l’époque pélasgique et grecque ancienne (site de l'acropole antique). Le château a été restauré et agrandi par les Vénitiens ayant occupé la ville en 1407. C’est un des châteaux les mieux conservés du pays. Il est constitué de deux bras (oriental et occidental) et quatre appareillages transversaux créant cinq frises. En 2006 et 2007, le château était fermé afin de subir de lourdes restaurations. Des travaux de restauration et de consolidation sont réalisés chaque année.

La chapelle du Saint Elias est située au sommet du château à l’emplacement d’une ancienne mosquée. Dans les environs de la chapelle se trouvent les ruines d’un autre bâtiment ayant pu servir de salle de bain. Des sources historiques et des témoignages archéologiques convergent vers la possible existence d’un grand ensemble cultuel à cet endroit, rénové par Leontas, Métropolite de Nafpaktos.

 

Les ruines de la plus grande mosquée que la ville ait possédée (la mosquée Vizir) (**) sont conservées dans la seconde frise du château un peu plus haut que l’horloge. Sur le parvis de la mosquée, une fontaine turque a été conservée. Tous les lieux de culte musulmans en possédaient une où les fidèles pouvaient se rafraîchir et se purifier de leurs péchés. A l’est de la mosquée vizir se trouve le bastion Faltsoporti de la seconde frise du château.

La résidence de Tzavellas (**) se trouve du côté oriental de la seconde frise du château et c’est une des rares anciennes résidences conservées à Nafpaktos. Elle a été récemment rénovée en l’honneur de la famille de Tzavellas, originaire de Souli, ayant tant offert à la révolution grecque et à la libération de la ville. Kitsos Tzavellas a participé à la libération de Nafpaktos en tant que chef des puissances grecques. L’Éphorie des Antiquités Byzantines, en cours de réalisation, sera abritée dans ce bâtiment.

 

Le bastion Tsaus (Redoute) est situé entre la deuxième et la troisième frise du château. Il porte le nom du dernier défenseur Turc qui, selon la légende, se serait suicidé en se jetant dans le vide lors de la Libération de Nafpaktos le 18 avril 1829.

L’horloge (*/**), aussi connue comme Séraphim, est située bien visiblement sur les hauteurs de la ville. Elle a été offerte en 1914 par le métropolite des régions Nafpaktia et Evritania, Séraphim Domvoiti.

 

Le quartier du port (***)

Les deux jetées du port pittoresque (***) sont les terminaisons des deux grands bras démarrant au château situé au sommet de la colline du Profitis Ilias. La jetée orientale a conservée sa forme primitive, tandis que l’occidentale a perdu son poste de garde et sa caserne de la garde turque. Les récits des voyageurs I. Spon et B. Randolf (1675) nous informent qu’un impôt de droits de mouillage était demandé et que l’entrée du port était fermée par une chaîne afin, évidemment, d’empêcher l’évasion fiscale. Etant donné ses proportions (une entrée de 35m et une longueur de 120m), le port était seulement accessible à de petits bateaux. Les plus grands bateaux restaient hors du port, protégés par les canons du château. La profondeur du port, recouvert des plaques de pierre, n’était que de 5m.

La statue du combattant George Anemogiannis - De Paksos (1796-1821) (**) domine la jetée occidentale. Cet héros de 25 ans, marin sur le navire de Bouboulina, est parti vers le port de Nafpaktos avec son brûlot dans le but d’incendier une corvette turque. A cause du changement de vents, sa tentative a échoué et il a été arrêté pars les Turcs avant d’être tué. La statue du grand homme de lettres Miguel Cervantes (1547-1616) (-) est également située au port en mémoire de sa participation, à l’âge de 23 ans, à La Bataille de Nafpaktos (1571) où il servait le navire « Marquise » d’Andrea Doria comme officier de marine. Il a perdu son bras durant cette bataille navale et est devenu très connu grâce à son oeuvre « Don Quichotte ».

La mosquée Fetichié, mosquée de la prise de Constantinople situé à l’est du port, a été bâtie par Vagiazi II. Elle abrite aujourd’hui le musée byzantin.

Située dans la rue Ilarchou Tzavella, la mairie (*) est une donation de la famille de Kozonis. La plupart des services de la Municipalité de Nafpaktos y sont abrités. La bibliothèque Papacharalabeios se trouve derrière la Mairie et est une donation du grand bienfaiteur Dimitri Papacharalabous. On la considère comme une des plus grandes et des plus riches bibliothèques en Grèce. Des livres et d’autres reliques de Jean Vlachogiannis y sont conservés.

« Nafpaktia » est le nom donné au bâtiment restauré situé devant le port. La première agence de la Banque Nationale de Nafpaktos y a été fondée avant qu’il ne devienne un hôtel et un bistrot appelé « Nafpaktia ». De nos jours, des expositions de peinture, de photographie et d’autres activités culturelles y sont organisées.

Stenopazaro (-) est une rue étroite et dallée située près du port (parallèlement aux rues Ilarchou Tzavella et Noti Botsari). Dans le pasé, cette rue était connue comme « Rue des mézés » et l’on pouvait y apprécier du poisson ou de la viande cuisinés de façons diverses, savourer du vin et s’approvisionner du nécessaire pour la maison. De nos jours, ce sont des magasins et des petits bistrots qui animent cette rue.

 

La résidence des frères Stamatiou se trouve près du port, dans la rue portant leur nom. Stamatis et Charis étaient des journalistes et ils écrivaient d’une langue spontanée et satirique. L’oeuvre que Stamatis (écrivant sous le pseudonyme Stam Stam, 1889-1946) a laissé est riche. Notons « Les histoires du village » et « Humoristiques et Satiriques » qu’il a illustré avec ses propres esquisses. Il fut sous-préfet au Sidirokastro en 1914, Directeur Général à Ioannina, préfet des divers départements avant de recevoir en 1918 le titre du « Chevalier de la Légion d’honneur » du Président de la République Française. Charis Stamatiou (qui écrivait sous le pseudonyme Charis Epachtitis, 1892-1951) a laissé une oeuvre riche, constituée de nouvelles, de textes humoristiques, d’articles littéraires, etc.

 

Quartier Farmaki (*)

La Banque Nationale (-) se trouve sur la place de Farmaki. Le bâtiment était la résidence de Jean Farmakis, chef militaire. A l’est de la place se trouve le musée Farmaki. « Le musée de l’insurrection de 1821 », ou musée Farmaki(*), se trouve dans la Rue de N. I. Farmaki. Nous y trouvons des objets provenant de la Révolution Grecque ainsi que des armes ayant appartenues à la famille du combattant N. Farmakis. Au numéro 13 de la rue de N. Farmaki, près du « Musée de l’insurrection de 1821 », nous pouvons voir quelques vestiges de la cathédrale de la Sainte Vierge (-), une basilique paléochrétienne de grandes dimensions.

La cathédrale d’Agia Paraskévi (-) inaugurée en 1978, est bâtie à la place d’une vétuste église construite sous la domination turque et ayant servi de cimetière à la ville où a été enterré Nikos Botsaris, un héros de la révolution.

La cathédrale d’Agios Dimitri (-) est située rue de Tzavella. L’église inaugurée en 1981 est construite à l’emplacement d’une église byzantine ayant été transformée en mosquée par Vagiazit II en 1499 et redevenue une église orthodoxe en 1830.

 

Entrée de Nafpaktos

Musée Botsareika: L’imposante maison de maître de la famille de Botsaris se trouve à l’entrée orientale de la ville. Elle a été bâtie en deux phases, au XVème et au XVIème siècle, par des travailleurs venus de Venice et de Florence. Il servait comme siège à chaque gouverneur de la ville. Après la libération de Nafpaktos le 18 avril 1829, le bâtiment a été acheté par le général Notis Botsaris. Aujourd’hui, cette demeure abrite la fondation « Dimitri et Égli Botsaris » et l’exposition permanente sur La Bataille de Nafpaktos.

Le stade Papacharalabeio se trouve à l’entrée de la ville. La plupart des activités athlétiques de la région y sont tenues mais également des manifestations culturelles.

La cathédrale Agios Dionisios (*/**) bâtie en 1925 se trouve à proximité de la Salle Papacharalabeios. Agios Dionisios étant le saint patron des marins, tous les ans lors de la fête du saint, les marins de Nafpaktos brûlaient une barque en son honneur.

 

Quartier d’Aphrodite

La cathédrale Saint-George (*), d’ordre byzantin, est située au sommet de la colline dominant le quartier d’Aphrodite où il se pourrait qu’il existait dans l’antiquité une caverne cultuelle dédiée à la déesse Aphrodite comme rapporté par Pafsanias.

 

Culture et manifestations.

La ville traditionnelle de Nafpaktos a su conserver ses us et coutumes à travers les années et essaye de les garder dans la conscience de ses citoyens à travers des manifestations festives dont les principales sont le Vendredi Saint, l’anniversaire de La Bataille Navale de Nafpaktos (le Octobre 1571), la libération de la ville face aux Turcs (le 18 Avril 1829) et le Festival Choral International « Mikis Theodorakis » (biennale). Les manifestations culturelles estivales de la Municipalité attirent beaucoup de monde dans toute la région. De nombreux peintres et hommes de lettres vivent et s’inspirent de la ville.

 

La Salle Papacharalabeios se trouve rue Mesologgiou et porte le nom de son donateur, Dimitra Papacharalabous. Divers manifestations du Centre Intellectuel de la Municipalité de Nafpaktos, ainsi que les séances d’hiver du Cinéma Club, y sont tenues.

La résidence de Jean Vlachoyannis : Jean Vlachogiannis est un de plus importants intellectuels que Nafpaktos aie connu. Il est né à Nafpaktos en 1867, il était le fondateur et directeur des Archives Générales d’État et il a fourni une oeuvre littéraire très riche. Il a chanté l’Insurrection de 1821, avant de découvrir et publier avec un soin «Les mémoires » du général Jean Makriyannis. Sa résidence se trouve à la rue de Ilarchou Tzavella au numéro 13 où l’on peut lire sur le mur l’inscription suivante : « Jean Vlahoyannis, le grand logographe et chanteur historique de Souli, a vécu dans cette maison. »