Stratos

 

A l'endroit où le fleuve Achéloos, frontière traditionnelle entre l'Acarnanie et l'Etolie, déboud1e dans la plaine, s'élèvent sur le côté droit de la route des fortifications à l'intérieur desquelles s'est installé un village moderne (en cours d'expropriation, le village actuel de Stratos a regroupé ses maisons à proximité de la route nationale). Ces fortifications délimitent le périmètre de l'antique Stratos.

Dès le Ve s., Stratos fut la principale cité d'Acarnanie et tirait profit de sa situation sur la rive droite de l’Achéloos considéré dans la mythologie comme le premier des fleuves nés de l'union d'Océan et de sa soeur Thétys (il avait rang de dieu et l'oracle de Dodone recommandait fréquemment de sacrifier à Achéloos). Alliée des Athéniens dans les débuts de la guerre du Péloponnèse, Stratos résista victorieusement à un assaut des Spartiates conduits par Cnémos (429). 3 ans plus tard, les Péloponnésiens d'Eurylochos traversèrent le territoire de Stratos, mais sans risquer un nouvel échec devant ces formidables remparts. Agésilas n'eut pas plus de succès en 391.

Lors du partage de l'Acarnanie entre l'Epire d'Alexandre II et la Confédération étolienne (263), Stratos, qui était la capitale de l'Acarnanie indépendante, fut attribuée aux Etoliens qui y transférèrent une partie des activités de leur capitale, Thermos. Plus tard, les Romains la protégèrent contre les entreprises du fils de Philippe V de Macédoine. Au Ier s. av. notre ère, la ville perdit toute importance.

Le site a été exploré par l'Ecole française d'Athènes en 1892, 1910-1911 et 1924, et seulement de façon partielle depuis lors.

Les défenses de la ville prennent appui sur quatre collines reliées par des murs en appareil pseudo-isodome. La porte principale était au Sud, à distance de la route, environ 200m après le pavillon du tourisme (en venant d'Agrinion). Encore assez bien conservée, elle comportait une cour intérieure dont l'intérêt défensif est évident.

Vers le centre du site, on pourra voir quelques restes épars de l'agora. A l'Est, au-delà d'un rempart en appareil pseudo-isodome séparant la ville en deux parties, se trouve le théâtre d'époque hellénistique dont on a dégagé la cavea, avec ses gradins et l'orchestra.

Le temple de Zeus, le monument le mieux connu de cette cité, occupait une terrasse maintenue par des murs de soutènement à l'Ouest de la ville. Il est accessible par une route qui longe le rempart occidental, suivre les panneaux indiquant le site archéologique. Fait assez curieux, il était placé sur le tracé de l'enceinte. L'inscription du IIe s. av. J.-C. qui permit de l'identifier concernait un acte d'affranchissement d'esclaves sous forme de consécration à une divinité. De ce temple dorique, périptère, construit en calcaire local (seconde moitié du IVe s. av. J.-C.), il subsiste d'importants vestiges montrant clairement que l'édifice n'a jamais été achevé.