Plataea

 

Ce bourg béotien est surtout célèbre pour avoir été le lieu de la dernière grande bataille livrée sur le sol grec au cours des guerres Médiques, en 479 av. J.-C. La défaite des Perses, commandés par le général Mardonios, face aux confédérés grecs (moins les Béotiens, les Thessaliens, les Locriens et les Maliens, alliés des envahisseurs), marqua l'échec définitif de la campagne de Xerxès contre l'Hellade. C'est en mémoire de cette bataille que furent instituées les Eleuthéria, fêtes qui se célébraient tous les 4 ans à Platées. Ces souvenirs glorieux n'empêchèrent pas les Spartiates, au cours de la guerre du Péloponnèse, de raser la cité, alliée fidèle d'Athènes.

Elle a été détruite à trois reprises en 479, 427 et 372 av. J.-C. par les Thèbiens lors de leur tentative désespérée de l'annexer à la fédération béotienne qui était sous l'hégémonie de Thèbes. Elle a été reconstruite à l'époque d'Alexandre le grand (fin du IVe siècle av. J.-C.) et ses murs ont été rénovés par Justinen, empereur byzantin, au VIe siècle après J.-C. Des pièces de monnaie et des inscriptions de la fin du VIe siècle av. J.-C. témoignent d'un culte à Hera, Déméter, Athéna, Zeus Eleutherios et Artemis.

De l'antique Platées, il ne reste plus, sur un contrefort du mont Kithairon, que les vestiges de l'enceinte fortifiée, les substructions d'un temple peut-être l'Héraion et celles d'une vaste construction qui était sans doute l'hôtel, ou katagôgion, construit par les Thébains pour abriter les visiteurs du temple après la destruction de la ville.

 

Le site a été fouillé dès 1889. Heraion, « Katagogion », copie célèbre d'un édit de Diocletian (301 après J.-C.) réglant les prix les plus élevés des produits, vestiges mycéniens (1400-1200 av. J.-C.) au N.O. de la ville dans la forteresse, base rectangulaire et un « polyandrion » (Ve siècle av. J.-C.) attribué respectivement à l'autel de Zeus Eleutherios et à la tombe commune de ceux qui sont tombés lors de la bataille de 479 av. J.-C. contre les Perses. Les monuments les plus importants sont :

Les murs de fortification, préservés sur une longueur de 4,5 km, datent de différentes périodes entre le Ve siècle av. J.-C. et le IVe ou Ve siècle après J.-C et sont dotés de tours circulaires et carrées. On trouve également quelques vestiges des temps préhistoriques (avant 1200 av. J.-C.).

L'Heraion est un temple périptère dorique dédié à Héra et situé au N-O de la fortification intérieure. Il a été construit par les Thébains en 426-425 av. J.-C. sur les restes d'un temple plus ancien (VIe siècle av. J.-C.) détruit par un incendie. Il abritait la statue d'Héra, sculptée par Praxitales, également représentée sur les pièces de monnaie de la ville.

Le katagogion est une pension pour les visiteurs, au nord-est de l'Heraion. Il a été construit par le Thébains en 426 av. J.-C. après la destruction de Plataea. Il était rectangulaire, avec de nombreuses salles réparties sur les deux étages et une cour intérieure centrale. A l'époque romaine (Ier siècle après J.-C.), il a été utilisé comme agora. Aujourd'hui seuls un angle et un des côtés du bâtiment sont préservés.

L'autel de Zeus Eleutherios est constitué de bases rectangulaires attribuées par Th. Spyropoulos à l'autel construit par les Grecs après leur victoire à Plataea (479 av. J.-C.) afin d'honorer Zeus Eleutherios pour son cadeau de liberté. L'autel a joué un rôle important dans les festivals annuels des Eleuthériens.

Le « Polyandrion » est un enterrement collectif des défunts de la bataille de Plataea (479 av. J.-C.) contre les Perses. Il est situé près de l'autel de Zeus Eleutherios et n'a possédé aucune offrande.

Les vestiges d'au moins dix églises byzantines (VIe-XVe siècle), construites avec des matériaux antiques.