Ioannina

 

Ioannina, ville active et très commerçante, est intéressante par son site, ses monuments et son cachet oriental (minarets et mosquées). Posée sur les rives du lac Pamvotida bordé de roseaux, la capitale de l'Epire tient son nom d'un monastère dédié à saint Jean. Même si la mosquée d'Aslan a pris sa place, Ioannina a gardé son patronyme. On ne peut parler de Ioannina sans évoquer Ali Pacha, le sanguinaire gouverneur du XIX' siècle. Musulman d'origine albanaise, Ali a des velléités d'indépendance. Il s'appuie sur les maquis grecs contre Istanbul et le paye de sa tête. Son fantôme plane toujours sur le lac, avec celui de sa bru qu'il avait noyée dans ses eaux et qui depuis porte son nom : lac de Frosina.

Au XVIIIe siècle, sous le règne d'Ali de Tebelen ou Ali Pacha (le lion de Janina), elle fut la capitale d'une principauté prospère et puissante. Elle est en grande partie détruite par un incendie durant le siège de 1820-1822. De rares vieilles demeures sont encore debout. Nous pouvons y visiter les maisons typiquement turques, la grotte de Perama, les musées archéologique, byzantin, du folklore d'Epire "Kostas Frontzos" et de l'histoire de Grèce "Pavlos Vrellis", les galleries Averoff et Loulis, la maison de Missios, le pont de Plaka, l'hôtel de ville et la bibliothèque. Nous pouvons aussi y voir des bains turcs désaffectés.

La citadelle normande coiffe un promontoire du lac. Elle possède d’épaisses murailles du Xie siècle (reconstruction de fortifications plus anciennes) et, à l'intérieur, un vieux quartier juif qui conserve quelques belles maisons anciennes et la synagogue de la ville. On y trouve également une ancienne bibliothèque turque remaniée dominant, juchée sur une éminence, la mosquée d’Aslan Pacha (entrée payante). Fondée en 1619 à l’emplacement d'un monastère orthodoxe, elle a été transformée en musée municipal en 1933. A l’intérieur, on peut voir des costumes, des tissus à motifs floraux, des céramiques d'Iznik, des armes anciennes et du mobilier incrusté de nacre. De là, en reprenant le chemin pavé bordé de tombes musulmanes, on se rendra vers le réduit, sur la seconde acropole du kastro, qui enserre le mausolée d'Ibrahim Pacha, la mosquée de Fethiye et un imposant bâtiment de style traditionnel qui s'élève à remplacement de l’ancien sérail du maître de Ioannina. Il abrite le nouveau musée byzantin de la ville. Dans le passé, le lac venait battre le pied de la citadelle. A l'entrée de la forteresse se dresse le platane où les Turcs torturaient les rebelles. En faisant le tour des remparts par l'extérieur, en longeant le lac, on découvre la sinistre grotte où l'on écorchait vifs les récalcitrants, avant de les empailler pour les promener en ville. L'escalier situé à côté est celui qu'emprunta la belle-fille d'Ali Pacha avec sa suite pour aller au-devant de la mort.

Sur l'île de Nissaki (la « Petite île ») face à la ville (accessible par un service de bateaux), en forme de croissant de lune et longue de 800m pour 500 de large, on trouve un petit village essentiellement peuplé de pêcheurs et six monastères byzantins. Le monastère d'Agios Nikolaos Philanthropenoi (ou Spanos, XIIIe siècle), situé sur une hauteur, est le plus vieux monument de la ville et abrite des fresques de cette époque situées à l'intérieur du porche de l'église dédiée à Agios Nikolaos "Spanos" (le chauve). Il est à découvrir en premier lieu. Les parties préservées sont le katholicon, une partie des cellules, et le réfectoire (Trapeza) à l'extrémité sud-est du Katholicon. L'église est à nef unique avec un toit voûté, un narthex et trois exonarthex. L'intérieur est couvert de fresques finement exécutées en 1660. Le monastère a été fondé vers la fin de la période byzantine et a atteint son apogée au XVIe siècle. Le Katholicon (église principale) a été rénové par Michael Philanthropenos en 1291-1292, agrandit plus tard et décoré de fresques en trois phases (1531-32, 1542, et 1560). Il a été restauré au Xxe siècle.

L’église du monastère de Dilou (le plus ancien, fondé au Xie s.), renferme des fresques du Xve.

Le monastère d’Agion Panteleimon date du XVIIe siècle (catholicon du début du XVIe s.). C'est dans ce monastère que fut assassiné Ali Pacha (petit musée évoquant son souvenir et celui de la Grèce de son époque).

Dans le monastère d'Agios Nikolaos ton Ghioumaton (ou de la Panagia Eleoussa, la Vierge de Pitié), on trouve des fresques du XVIIIe s.

Signalons également le monastère de Saint-Jean Prodromos (le précurseur, que la tradition occidentale appelle saint Jean-Baptiste), dont l'église porte des fresques du XVIIIe s. retouchées au siècle suivant.

Dans les tavernes nous pouvons goûter différents poissons comme l'anguille au four (kheli sto kharti) et le mulet fumé (lykorina). Notons aussi la grande variété de pâtisseries dont les nougats (halvas), le bougatsa (gâteau au fromage), le ghalato bouriko (â la crème). Le trighono (au miel) et les vins tels le Robola (vin blanc) et le vin pétillant de Zitsa. Comme souvenirs nous pouvons ramener des bijoux en argent, des métaux travaillés, des broderies, des tissus ou du bois sculpté.

Ioannina exporte vers la France ses cuisses de grenouille.