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Arta

 

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Une nouvelle cité nommée Arta fut construite sur le site à la fin du XIe s. En 1205, elle devint la capitale d'un Etat indépendant, le despotat d'Epire fondé par Michel 1er Ange Comnène, qui disparut en 1318. A partir de 1449, Arta fut occupée par les Turcs. En 1881, elle revint à la Grèce avec le reste de la Thessalie mais resta séparée de l'Epire, toujours ottomane, jusqu'en 1913. Ce fut alors une ville frontière, décrite par les voyageurs occidentaux qui y séjournèrent comme une localité peu avenante et frappée par la malaria en raison des vastes marais qui s'étendaient vers le sud jusqu'au golfe même.

Arta, 2ème ville d'Epire et chef-lieu du nome du même nom, est situé au Nord du golfe d'Ambracie et était la première ville fortifiée de la région. La ville neuve dominée par une forteresse médiévale transformée en caserne est construite sur une très ancienne cité. Nous pouvons y visiter la collection archéologique, le temple archaïque tardif d'Apollon, le monastère de Kato Panaghia (+/- 3km au sud de la ville), des monuments byzantins bien conservés ainsi que les églises bzantines d'Agia Theodora, d'Agios Vassileios et son pont légendaire (1615) sur l'Arakhtos : la femme du maître d'oeuvre serait enfermée à l'intérieur afin d'obtenir des arches plus élégantes. Cette légende est le thème d'une chanson devenue très populaire également chez les peuples voisins. A l’intérieur de l’église nous pouvons voir des mosaïques et un jeu de colonnes soutenant la coupole. L’ancienne métropole (XIIIe) est située sur une éminence dominant la cité. L'église de la Panagia Parigoritisa (Vierge de la Consolation), construite XIIIe siècle par le despote Michel Ier, est une basilique de pierre et de brique au dôme vertigineux et transformée en musée. Notons le réfectoire voisin. Comme achats à faire vous trouverez des tapis et des bois sculptés.

 

L’Ancienne Métropole (entrée payante) est la plus grande et la plus célèbre église d'Arta, consacrée à la Panagia Parigoritissa (Vierge consolatrice). Elle fut construite à la fin du XIIIe s. par Anna Paléologue, nièce de l'empereur Michel, et son époux, le despote Nicéphore. L'élément architectural le plus remarquable est le système unique en son genre des pendentifs de la coupole portés sur des étages de colonnes horizontales enfoncées dans le mur, comme des consoles, et qui ressortent de l'autre côté ; ces colonnes sont des éléments antiques remployés. La coupole s'orne d'une mosaïque représentant le Christ Pantocrator entouré de prophètes, rare exemple de la fin du XIIIe s., sans doute exécutée par un atelier de Constantinople. Plusieurs peintures retiennent l'attention : sur l'iconostase, les icônes de la Vierge Parigoritissa (XVe s.) à droite, la Vierge à l'Enfant (XVIe s.) à gauche, dans l'abside du XVe s., la Cène date du XVIIIe s., les fresques (frise de saints) de la nef furent exécutées au XVIe s., au-dessus de l'entrée, la Dormition de la Vierge. L’extérieur séduit par l'harmonie des couleurs des pierres et la forme des multiples coupoles.

Le réfectoire abrite une petite collection archéologique (entrée payante) renfermant du matériel des époques archaïque, classique et hellénistique provenant de sanctuaires et de tombes de l'antique Ambracie (inscriptions, sculptures, vases).

En quittant la place précédant l'église, emprunter à droite la rue Vassiléos Pyrrhou. A gauche, presqu'à l'entrée de la rue (au n°3), les archéologues ont mis au jour les vestiges d'un temple devnt remonter au début du Ve s. Une inscription trouvée sur place permit de l'identifier au temple d'Apollon, centre religieux de la ville. Il en subsiste la majeure partie du soubassement dans un enclos jouxtant la rue.

Un peu plus loin, face au n°9 de la rue Pyrrhou, prendre à droite la rue Hagiou Constantinou. A côté du n°13, restes d'un odéon dont subsistent l'orchestra et cinq rang de gradins. Il doit dater de l'époque hellénistique ou de l'époque romaine mais fut édifié sur des éléments d'un théâtre antérieur de l'ancienne Ambracie.

Revenir dans la rue Vassiléos Pyrrhou et la suivre vers la droite. Pour atteindre l'église Agia Théodora, tourner dans la ruelle qui s'ouvre à gauche à côté du bâtiment situé au n°27. Cet édifice, qui suit un plan basilical à trois nefs et narthex, fut probablement construit avant le XIIIe s. Les chapiteaux des quatre colonnes du sanctuaire proviennent d'édifices paléochrétiens du Ve ou VIe s. Noter encore les fresques qui ornent les murs et l'abside, et, dans le narthex, le sarcophage sculpté du XIIIe s. de la despoïna Théodora, épouse du despote d'Epire, Michel II.

Revenir dans la rue Vassiléos Pyrrhou jusqu'à un petit carrefour 200m plus loin. Tourner à gauche dans la rue Tzavella jusqu'à une petite place d'où vous vous engagerez dans la rue Agiou Vassiliou. On aperçoit 100m plus loin à gauch l'église homonyme. Cette ravissante petite église du XIIIe ou du XIVe S. est décorée à l'extérieur de carreaux de faïence émaillée et de briques disposées en dents de scie. A droite de la fenêtre de l'abside, remarquer une plaque en terre cuite polychrome représentant saint Grégoire, saint Basile (l'église lui est consacrée) et saint Jean. A gauche, une autre plaque représente la Crucifixion. A l'intérieur, les peintures de l'abside, du XVIIe ou du XVIIIe s., sont les mieux conservées. Noter également les vieilles icônes sur l'iconostase.

En reprenant à gauche la rue Pyrrhou, on pourra aller jeter un coup d'oeil sur les murs de la forteresse, toute proche, située sur la rive gauche de l'Arachthos. Longeant la ville au Nord et à l'Ouest, elle fut reconstruite au XIIIe s. par le despote d'Epire Michel III, sur l'emplacement d'une forteresse antique dont les murs en gros appareil sont très visibles du côté de la route et du fleuve.

A la sortie de la ville, à droite en direction de Ioannina, le pont en dos d'âne d'origine byzantine a été restauré au XVIIe s. A sa construction sont liées des légendes locales, chantées par la muse populaire et évoquées par le grand écrivain Nicos Kazantzakis. Près de l’entrée Est du pont, un petit musée d'arts et de traditions populaires (entrée payante) est logé à l’intérieur d'une église. On y trouve une évocation de la vie agricole et artisanale et des carnavals d'Arta ainsi qu’un audiovisuel sur la légende du pont.

La petite église d’Agios Vassilios tis Géphyras (Saint-Basile du Pont) est située 900m après le pont sur l’Arachthos. A moitié enfoncée dans le sol durant plusieurs siècles, elle a été dégagée en 1972. Fondée probablement au IXe s., elle est surmontée d'une imposante coupole, quelque peu disproportionnée par rapport à la hauteur du reste de l'édifice.

 

Dans la région nous trouvons de belles orangeraies. Comme promenades, le monastère de Vlachermes se trouve dans les environs immédiats, au nord-est d'Arta. Il abrite la tombe de Michel II.