Kaissariani (***)

 

A 7 km à peine du centre de la ville d'Athènes se trouve l'un des plus anciens et importants monastères byzantins de l'Attique, celui de Kaissariani, près du fleuve Ilissos. Fondé au début de la période chrétienne (XIe) et consacrée à l'entrée de la Vierge au temple, ce monastère se trouve à l'est d'Athènes, sur le flanc du mont Hymette, près des vestiges d'un temple dédié à Aphrodite. Il est enfermé par de hauts murs percés de deux portes (Est et Ouest). Le catholicon (XIe) est une église en croix grecque surmontée d'une coupole soutenue par quatre colonnes d'un temple romain. La chapelle consacrée à Agios Antonios (Nord) a été ajoutée au XVIème siècle, le narthex voûté au XVIIème et le clocher au XIXème. L'intérieur de l'église est décoré de fresques (1700) tandis que le narthex a été peint en 1682 par Ioannes Hypatios (selon une inscription). A l'ouest de l'église se trouve le complexe comprenant la cuisine et le réfectoire tandis que le long du mur sud nous avons une autre rangée de bâtiments. Parmi les structures préservées nous voyons des bains du XIème siècle avec une salle centrale voûtée, deux groupes de cellules à l’Ouest et au Sud ainsi qu’un moulin. Le mur oriental du monastère abrite une fontaine alimentée par le cours d'eau Ilissos. La tête de bélier originale (VIe s.) est exposée au musée national d'archéologie. Le monastère a possédé une bibliothèque célèbre et riche, déplacée à la métropole d'Athènes et détruite lors du soulèvement de 1821.

Le monastère est situé au creux d'un vallon ombragé qui fut autrefois célèbre grâce à une source qui passait pour avoir des vertus curatives. De cette fontaine, il ne subsiste qu'une bouche en forme de tête de bélier, mais elle a été immortalisée par quelques vers d'Ovide dans L'Art d'aimer, tout comme le charme bucolique de son site au pied de l'Hymette parmi les pins, les cyprès et les platanes.

En dehors du monastère, vers l'ouest, des fouilles ont mis à jour les ruines d'une grande basilique à 3 ailes (Xème siècle), bâtie sur les vestiges d’une basilique plus ancienne (VIème siècle). C'était probablement le catholicon du premier monastère fondé à cet endroit.