L’Acropole d’Athènes (***)

 

L’Acropole d’Athènes (***) : Le rocher de l’Acropole ou « rocher sacré » est l'emplacement le plus important de la ville. Il culmine à 156m et couvre une superficie d'un peu moins de 3ha.

Avec sa source (Clepsydre) et ses diverses grottes naturelles situées principalement sur le versant nord, la colline fut habité depuis l'époque néolithique (3500 av. J.-C.). Au cours des siècles, la colline rocheuse a été occupée sans interruption en tant qu'endroit de culte, quartier résidentiel ou les deux. Aux temps mycéniens, il fut fortifié d'un rempart cyclopéen (XIIIe siècle av. J.-C.), protégeant le palais du roi et les demeures des dignitaires. Des vestiges de ce mur persistent derrière le mur sud des Propylées, à l'intérieur de la Pinacothèque. A cette époque il n'y a toujours pas de temple.

Au début de l'époque historique, un temple dédié au dieu de la source, Poséidon, et à Athéna, déesse de l'olivier, fut érigé sur l'emplacement du palais. Pendant la période archaïque, ce temple fut détruit et reconstruit à deux reprises (orné la seconde fois de merveilleux frontons sculptés, sous les Pisistratides, à la fin du VIe siècle) tandis qu'un autre temple dédié à Athéna commençait à s'élever plus au sud. Entre-temps, après la consécration des Panathénées (566 av. J.-C.), l'entrée occidentale avait été aménagée en monumental Propylée, flanqué d'un autel dédié à Athéna Niki. Différents temples, sanctuaires et monuments consacrés à des dieux, à des demi-dieux et à des héros se dressaient également sur l'Acropole. Aux VIIIe-VIe s., l'Acropole perdit son rôle politique pour devenir exclusivement un lieu de culte. Mais, en 480 av. J.-C., tous ces édifices, ainsi d'ailleurs que la ville d'Athènes, furent incendiés par les Perses. L'aménagement actuel du site est dû à Périclès, qui, avec la collaboration de Phidias, reconstruisit les sanctuaires de l'Acropole après avoir achevé la reconstruction des murs commencée par Cimon. Il érigea tout d'abord le nouveau temple dédié à Athéna Parthénos, le Parthénon, confiant les plans à l'architecte Ictinos et la décoration au maître d'oeuvre Phidias et à ses élèves. Le Parthénon achevé, l'architecte Mnésiclès entreprend la construction des majestueux Propylées, tandis qu'un troisième architecte, Callicratès, érigera un peu plus tard le gracieux temple ionique d'Athéna Niki. Il ne reste que peu de traces des autres bâtiments et monuments votifs qui se dressaient sur le rocher à l'époque classique (par ex. le sanctuaire d'Artémis Brauronia et la Chalcothèque). C'est à l'époque romaine, enfin, que furent construits un petit temple consacré à Rome et à Auguste, dont il ne reste que le soubassement, et la porte Beulé, au sud des Propylées.

La construction de murs permit d'agrandir le plateau sur lequel furent bâtis les temples.

Les monuments de l'Acropole reflètent les phases successives de l'histoire de la ville : certains d'entre eux ont été convertis en églises chrétiennes, maisons de seigneurs et, plus tard, transformés par les Turcs. Après la libération d'Athènes des Turcs, la protection, la restauration et la conservation des monuments étaient une des premières tâches de l'état grec nouveau-né. Des restaurations sont toujours en cours aujourd'hui.

 

L'oeuvre de Périclès

Forte personnalité, entouré d'artistes et d'intellectuels, Périclès conçut le projet grandiose de réaménager l'Acropole selon un plan d'ensemble. Il s'agissait d'affirmer par le gigantisme et la magnificence la puissance du démos athénien auquel venaient rendre hommage les délégations des alliés lors des grandes fêtes religieuses. Pour réaliser ce projet, il fallait de considérables moyens financiers. Le trésor fédéral, constitué par les contributions annuelles des alliés pour assurer la défense commune, était une proie bien tentante. En 454, Périclès décida de son transfert de Délos à l'Acropole et 4 ans plus tard commencèrent les travaux avec comme maître d'oeuvre Phidias. Les constructions se succédèrent sans trêve : le Parthénon entre 447 et 432 puis les Propylées entre 438 et 432. La guerre du Péloponnèse ne fit que suspendre les travaux à certaines périodes sans jamais les arrêter complètement. Le temple d'Athéna Nikè fut reconstruit après la paix de Nicias entre 421 et 415. L'Erechthéion fut achevé après l'expédition de Sicile entre 410 et 404. L'Acropole classique fut terminée à la fin du Ve s. Elle ne changea plus d'aspect et s'enrichit seulement aux époques ultérieures d'offrandes royales et impériales. Un temple consacré à Rome et à Auguste, derrière le Parthénon, témoigne du loyalisme des Athéniens sous l'Empire.

 

Les malheurs de l'Acropole

La physionomie de l'Acropole antique commença à s'altérer avec le triomphe du christianisme au Ve s. et surtout au VIe s. Sous Justinien, le Parthénon, tout comme l'Erechthéion, fut transformé en église. Quand les Croisés s'emparèrent d'Athènes en 1205, l'Acropole redevint, après 2 000 ans, une citadelle princière. Les barons francs installèrent leur palais dans les Propylées, réaménagés à cet effet et flanqués d'une haute tour pour contrôler la région. En 1458, Athènes fut prise par les Ottomans, le Parthénon transformé en mosquée et l'Erechthéion en harem pour le gouverneur. Vers 1650, une partie des Propylées vola en éclats : foudre ou obus ? On ne sait pas trop. Les monuments avaient gardé leur allure quand le marquis de Nointel, ambassadeur de Louis XIV auprès du sultan, les visita et les fit dessiner en 1674. Ces dessins sont inestimables car en 1687 le Parthénon fut en partie détruit lors du siège mené par le Vénitien Morosini.

Durant 20 ans au début du XIXe s. le décor sculpté en fut méthodiquement arraché pour le compte de Lord Elgin qui avait obtenu l'autorisation du sultan pour « l'enlèvement de quelques blocs de pierre avec inscriptions et figures ». Depuis, ces célèbres frises se trouvent au British Museum. Enfin, pendant la guerre d'Indépendance, entre 1821 et 1827, l'Acropole fut à nouveau le théâtre de la lutte entre Grecs et Turcs, ce dont souffrit surtout l'Erechthéion.

 

De la porte Beulé aux Propylées, le chemin moderne d'accès au plateau de l'Acropole suit le tracé du dernier tronçon du chemin des Panathénées.

 

La porte Beulé

La porte Beulé doit son nom à l'archéologue Ernest Beulé l’ayant retrouvée en 1853 sous un bastion turc, à gauche du sentier. Elle fut élevée par les Byzantins, en contrebas d'un grand escalier romain du début du IIIe s. après J.-C. Parmi les fragments de sculptures déposés à gauche près des tours de la porte byzantine, remarquer trois lions vénitiens.

A droite du palier rocheux, au pied de la rampe en zigzag qui conduit à l’entrée des Propylées, le soubassement du temple d'Athéna Nikè, avec ses deux niches pour abriter des monuments votifs, renferme les restes d'un temple archaïque du VIe s. av. J.-C. et d'un bastion mycénien construit vers la fin du XIIIe s. pour défendre l’entrée principale de l'Acropole.

A gauche, le haut piédestal en marbre de l'Hymette fut sans doute construit au IIe s. av. J.-C. pour supporter la statue d'un bienfaiteur d'Athènes, peut-être un roi de Pergame. Plus tard cette statue fut remplacée par celle d'un autre mécène, Vipsanius Agrippa, gendre d'Auguste (63 av. J.-C.-14 apr. J.-C.).

Près du palier rocheux, on peut encore voir quelques marches de l'escalier monumental construit sous Claude (Ier s. apr. J.-C.). Cet escalier coupé verticalement en son milieu par une piste dallée et striée, large de 3,50m, prolongeait la Voie Sacrée et permettait aux bêtes de sacrifice ainsi qu’aux cavaliers, d'atteindre les Propylées.

A la hauteur du deuxième coude de la rampe en zigzag, un petit escalier donne accès à la plate-forme du bastion du temple d'Athéna Nikè. L'un des deux pilastres encadrant cet escalier est couronné par un bloc en pierre de l'Hymette qui portait un cheval de bronze, ex-voto de victoire du Ve s.

 

Les Propylées (***)

Les Propylées, entrée monumentale du site sacré conçue par l'architecte Mnésiclès et construit en 437-432 av. J.-C. en marbre pentélique (le marbre bleu d'Eleusis fut également utilisé pour rehausser certains traits architecturaux), comporte un bâtiment central et deux ailes latérales. Destinés à remplacer l'entrée de Pisistrate, les Propylées de Périclès ne purent être commencés qu'en 437, après l'achèvement du Parthénon dont le chantier occupait les meilleurs ouvriers et dont les gros matériaux exigeaient le libre passage par la rampe Ouest. Les travaux ne durèrent que 5 ans et le temple était à peine achevé quand débuta la guerre du Péloponnèse en 431. La difficulté de la tâche de Mnésiclès, le maître d'oeuvre, résida dans des différences de niveaux dans la partie centrale et dans le raccord harmonieux de cette partie du monument avec les ailes, dissymétriques, celle du Sud étant beaucoup plus petite que celle du Nord. Construits selon un mélange harmonieux des styles dorique (façade) et ionique (passage intérieur), les Propylées étaient un édifice fonctionnel, donc sans décor sculpté. La partie centrale des Propylées forme un rectangle d'assez vastes proportions précédé à l'Ouest (côté extérieur) et à l'Est (côté intérieur) par un portique. Elle est composée de deux secteurs de niveaux différents et divisée par un mur transversal percé de cinq portes. Celle du centre livrait passage à la Voie Sacrée qu'empruntaient les processions des Panathénées et les animaux de sacrifice. Les cinq portes étaient fermées par de lourds vantaux en bois. Les vestibules le long des côtés est et ouest possèdent une rangée de colonnes doriques tandis que le couloir central était divisé en trois parties par deux rangées de colonnes ioniques. Les murs de l'aile nord, décorés de panneaux peints ou de peintures, donnèrent le surnom de « Pinacothèque » à cette partie. L'aile Sud (à droite), beaucoup plus petite, ne se compose pratiquement que d'un portique destiné à faire pendant à l'aile Nord. Son plan très singulier est principalement dû à des considérations religieuses : il convenait en particulier de préserver le sanctuaire d'Athéna Nikè. Au moyen de quelques artifices, Mnésiclès réussit à donner une apparence de symétrie aux Propylées lorsqu'on les découvre en gravissant la rampe. Le plafond du Propylée était à coffrages avec de la peinture décorative. En plus d’être l’entrée du sanctuaire, les propylées servaient aussi de lieu de réunions, de fortifications défensives et parfois comme siège de commandement.

Les sanctuaires que nous voyons à droite et à gauche des Propylées étaient construits à des niveaux différents et avec des cours intermédiaires. Derrière les Propylées s'ouvrait une grande cour où se dressait, à son extrémité Est et sur un piédestal particulièrement haut, la statue d'Athéna Promachos, exécutée par Phidias en 445 av. J.-C. avec le butin de Marathon. Le piédestal s'appuyait contre le mur Ouest de la terrasse de "l'ancien temple" (d'Athéna Polias) ; ce mur dont il n'en reste que les fondements, est l'ancien mur mycénien qui servait de soutènement au palais mycénien. Il ne reste, aujourd'hui, du piédestal de Promachos qu'une partie de la corniche de la base, décorée d'oves et de fers de lance. La statue même fut transportée par Justinien à Constantinople où elle fut détruite par le peuple en 1204 (ainsi que le rapporte Nikitas Choniates). Plusieurs autres ex-voto se trouvaient dans cette même cour. Nous mentionnerons une autre statue de Phidias, celle d'Athéna Lemnia, dressée sur l'Acropole par les colons athéniens qui avaient été envoyés à Lemnos entre 451 à 448 av. J.-C.

 

Le temple d'Athéna Niki

Le temple d'Athéna Niki, gracieux temple ionique appelé également de la Victoire Aptère (sans ailes), est situé sur une plate-forme élevée (pyrgos), au sud des Propylées avant d'entrer dans l'espace sacré et destiné à remplacer les modestes installations qui avaient succédé au sanctuaire détruit par les Perses en 480. Un puissant bastion mycénien défendait ici l'entrée la plus vulnérable de l'Acropole. Dès cette époque ce fut le lieu de culte d'une déesse guerrière. A la fin du VIe s. on y édifia un temple minuscule et un autel. Ces installations furent détruites par les Perses en 480 et les travaux de réfection commencèrent en 478 par la construction d'un deuxième autel, agrandi par la suite, mais qui dut rester très modeste. En 448, le bastion mycénien fut revêtu d'un coffrage en poros constituant le pyrgos que l'on peut voir aujourd'hui. L'élévation d'un temple en marbre fut projetée dès cette époque. Les travaux ralentis par ceux du Parthénon et des Propylées ne furent activement poussés qu'après 432 et l'inauguration n'eut lieu qu'après la paix de Nicias (421). Vers 415, on sculpta les splendides reliefs du parapet entourant le pyrgos (conservés au musée).

Construit de 432 à 421 av. J.-C. en marbre pentélique par l'architecte Kallikrates selon l'ordre ionique, il est tétrastyle amphiprostyle (quatre colonnes ioniques en façade est et ouest) et mesure 8,27m sur 5,44. Il est seulement constitué du sekos sans mur côté est. Deux piliers d'angle terminent les murs nord et sud. Dans le sekos était située la statue de culte en bois d'Athéna, le xoanon, tenant une grenade dans sa main droite et un casque dans sa gauche. Ce srait la reproduction d'une vieille statue de bois probablement détruite par les Perses lors du sac de l'Acropole. Peut-être dérivée d'un trophée primitif, elle n'avait pas les ailes des Victoires proprement dites dont Athéna Nikè était distincte à l'origine, d'où le nom ultérieur de temple de la Victoire Aptère donné au monument. On raconte que les Athéniens avaient supprimé les ailes de la Victoire pour qu'elle restât chez eux. La frise sur la section supérieure des murs dépeint la conférence des dieux à l’est et des scènes de batailles sur les trois autres côtés. Seuls ceux du côté principal (Est) et du côté latéral gauche (Sud) sont d'époque. Les autres, emportés à Londres par Lord Elgin au début du XIXe s., sont des moulages en ciment. Le parapet en marbre protègeant le bord du bastion sur lequel le temple a été érigé, entourait le temple et était orné de bas-reliefs (plaques de marbre hautes d'1m) représentant Athéna Niki au milieu d'autres Victoires. Les Victoires Ailées dressent des trophées et conduisent des boeufs au sacrifice tandis que la déesse est assise près d'elles sur un rocher. Il célèbre la victoire des Grecs sur les Perses. Les plaques sont maintenant exposées au musée de l'Acropole.

En 1686, le temple est détruit par les Turcs et les matériaux utilisés pour la construction d'un bastion, détruit à son tour à la libération (1835). Le temple a été reconstruit. Une inscription trouvée in situ témoigne de son existence au milieu du VIe siècle av. J.-C. Dans le soubassement du temple se trouvent quelques vestiges d'un bastion mycénien.

 

Une fois les Propylées franchis, on verra se détacher la majestueuse colonnade du Parthénon solidement assise sur son socle massif et, à gauche, les élégants profils de l'Erechthéion. Entre ces deux temples, le regard embrassait autrefois la colossale statue d'Athéna Promachos puis à droite plusieurs sanctuaires et d'innombrables stèles et monuments, aujourd'hui réduits à l’état de fondations, qui, entre les Propylées et la façade E. du Parthénon, bordaient la Voie Sacrée désormais protégée par une chape de ciment.

Le téménos d'Athéna Hygie, immédiatement après les Propylées, était dédié à Athéna, déesse de la santé, et décoré d'une statue de bronze érigée par les Athéniens à l'occasion de l'épidémie de 429 qui emporta Périclès. Il ne subsiste de celle-ci qu'une base en marbre semi-circulaire contre la colonne d'angle des Propylées.

Le téménos d'Artémis Brauronia ou Brauronion, dédié à la protectrice des accouchements, ouvrait sur la Voie Sacrée. Il abritait le xoanon de la déesse et une statue en marbre plus récente, sculptée par Praxitèle. En face du Brauronion se trouvait la célèbre statue d'Athéna Promachos, sculpture en bronze qui aurait mesuré plus de 9m. Inaugurée en 454 av. J.-C., cette gardienne vigilante d'Athènes fut exécutée par Phidias, grâce, selon Démosthène, à la dîme du butin des guerres Médiques (ou avec le butin de Marathon selon une autre tradition). Elle fut probablement emportée à Constantinople sous le règne de Justinien.

Le téménos d'Athéna Erganè, c'est-à-dire d'Athéna ouvrière, recevait les offrandes consacrées par les ouvriers et les femmes sur le produit de leur travail, tout comme les paysans offraient les prémices de leur récolte. A côté, la Chalcothèque, ou dépôt des bronzes, renfermait entre autres des armes et des éperons de navire. La galerie de la Chalcothèque, probablement construite vers 450 av. J.-C. fut agrandie après 432 d'un portique dont une extrémité repose sur des gradins rupestres taillés en face du Parthénon. Dans ces parages se trouvaient deux importants groupes sculptés : l'un attribué à Myron, représentait Athéna et Marsyas, l'autre Thésée et le Minotaure.

 

Le Parthénon (***)

Le Parthénon est le monument le plus important et le plus caractéristique de la civilisation de la Grèce antique et reste toujours son symbole international. Consacré à Athéna Parthenos, déesse patronne d'Athènes, sa construction eut lieu entre 447 et 438 av. J.-C. tandis que sa décoration sculpturale fut terminée en 432 av. J.-C. Deux édifices précédèrent l'actuel Parthénon. L'un fut construit par les Pisistratides, l'autre (Vie siècle) à peine commencé par Clisthène fut détruit par les Perses en 480. Les fondations du premier Parthénon, toujours visibles sur le pourtour, attestent qu'il était aussi long mais plus étroit (six colonnes en façade au lieu de huit, ce qui était la règle dans l'ordre ionique).

La construction du monument a été lancée par Périclès, la surveillance du chantier était attribuée à Phidias, sculpteur athénien célèbre, tandis qu'Ictinos et Kallikrates en étaient les architectes. Le temple est construit selon l'ordre dorique et presque exclusivement en marbre Pentélique. Il est périptère avec huit colonnes sur chacun des petits côtés et dix-sept sur la longueur. Ses dimensions sont, au niveau du stylobate, de 69,51m sur 30,86m. Les fondements reposent au nord sur le roc et au sud sur un massif artificiel. Le soubassement est constitué de 3 hauts degrés. Sur les petits côtés, l’accès se fait grâce à des marches supplémentaires. La colonnade séparant la nef centrale du sékos aux côtés est constituée de 2 étages séparés par une architrave créant des "colonnes superposées". Le nom de Parthénon vient de la petite pièce occidentale dont la fonction n'a pas été prouvée. C’était peut-être le trésor d'Athéna, partie très importante pour la cité puisqu'on y gardait, outre les richesses sacrées, l'argent public ainsi placé sous la protection divine. C'était une pièce rectangulaire où quatre colonnes ioniques supportaient le plafond. Des modifications de l'architecture eurent lieu lors de la conversion en église chrétienne : abside, percements de porte, peintures...

La pièce centrale du temple, appelée la cella, abritât la célèbre statue chryséléphantine d'Athéna faite par Phidias. La décoration sculpturale du Parthénon est une combinaison unique de métopes et de triglyphes doriques sur l'entablure, et d’une frise ionique sur les murs de la cella. C'est la première fois qu'un temple périptère dorique est entouré d'une frise en relief d'une longueur de 160m, ayant pour thème la procession des Panathénées (festival religieux de l'Athènes antique). Les 92 métopes sont également décorées de bas-reliefs représentant une Gigantomachie ou bataille des dieux et des Géants, un combat d'Amazones, un combat des Lapithes contre les Centaures, ainsi que des scènes de la Guerre de Troie. Très peu sont restées en place et la plupart sont mutilées et méconnaissables. Les deux frontons du temple sont décorés des scènes mythologiques. A l'est, au-dessus de l'entrée principale du bâtiment, il montre la naissance d'Athéna sortant de la tête de Zeus, ayant quelque chose de rassurant pour les Athéniens. Ayant hérité de son divin père sagesse et raison, la déesse portant une lance et son fameux bouclier à tête de Gorgone, personnifiait le courage lucide, gage de sécurité pour la cité. Il ne reste plus en place que quelques têtes aux deux extrémités : deux des quatre chevaux d'Hélios, dont le char marquait l'apparition du jour (à gauche), un des chevaux du char de Séléné disparaissant à l'angle opposé, les autres chevaux de ces groupes sont mutilés mais leurs cous ont été préservés. La tête de cheval trop bien conservée et le personnage couché (Dionysos ?) sont des copies d'originaux, maintenant déposés au British Museum, comme la plupart des morceaux subsistants de ce fronton. Le fronton ouest mettait en valeur la vocation pacifique et civilisatrice d'Athéna, sous la forme d'une mise en scène de la célèbre dispute avec Poséidon pour la possession de l'Attique. Celle-ci vit le triomphe de la fille de Zeus ayant fait don de l'olivier, symbole de la paix, mais aussi source de richesse pour Athènes. Deux figures seulement restent en place à gauche et représentent peut-être Cécrops et sa fille Aglaure (ce groupe forme le morceau le plus beau et le plus complet qui soit resté à Athènes). A l'angle opposé se trouve une figure de femme allongée. Pour augmenter la surface du décor sculpté, Phidias emprunta un élément de style ionique, la frise, qu'il fit courir à l'intérieur de la colonnade dans la partie supérieure du mur extérieur du bâtiment principal. Cette frise, datant de 440 environ, est l'une des plus célèbres oeuvres d'art du monde et est aujourd'hui principalement « partagée » entre le Musée de l'Acropole et le British Museum si l'on excepte le bandeau ouest encore en place. Elle représentait la procession des Panathénées, la fête la plus solennelle d'Athènes au cours de laquelle les citoyens rendaient hommage à Athéna. La composition commençait à l'angle SO (l'angle droit de la façade vue depuis les Propylées) d'où partaient deux théories de personnages courant sur les côtés de l'édifice pour converger vers le milieu du côté est. La frise ouest nous fait assister aux préparatifs de départ de la procession avec le rassemblement des cavaliers et à gauche du bandeau un magistrat ou un prêtre commençant à ordonner le cortège. Puis la cavalcade se poursuivait en rangs bien ordonnés sur le côté nord (treize plaques au Musée de l'Acropole) et le côté sud (cinq plaques au musée) par le double défilé des cavaliers chevauchant en troupe, des chars, des thallophores (porteurs de rameaux), des sacrificateurs conduisant des génisses, des magistrats, des musiciens, des canéphores (jeunes filles portant des corbeilles), etc. Peu à peu le mouvement s'apaisait cependant parfois repris d'un vif élan, au fur et à mesure que l'on se rapprochait de la face est (deux plaques au musée) où la procession se terminait par un tableau d'apothéose dans lequel figuraient des dieux et des personnages divinisés répartis en deux groupes semblant accueillir les deux branches du cortège.

La statue d'Athéna Parthénos, trop précieuse pour avoir eu quelque chance de parvenir même de façon fragmentaire jusqu'à nous, peut cependant être évoquée avec une grande part d'approximation grâce aux descriptions des anciens voyageurs, mais aussi à l'aide de quelques copies. La déesse était debout, vêtue d'un péplos attique tombant jusqu'aux pieds. Sur sa poitrine se trouvait une tête de Méduse en ivoire. Dans la main droite, soutenue par une colonnette, elle tenait une Victoire haute d'environ 4 coudées, et, de l'autre main, une lance. A ses pieds, appuyé contre son genou gauche, on pouvait voir un bouclier orné de reliefs, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. D'un côté figurait une amazonomachie, de l'autre une gigantomachie (selon Pline). La tranche des épaisses semelles des chaussures de la déesse était elle-même décorée (centauromachie), tout comme la base de la statue, haute d'environ 1,50 m, portant des reliefs représentant la naissance de Pandore. La déesse était coiffée d'un casque surmonté, sous le cimier, d'un sphinx, et ornementé sur les côtés de deux griffons ainsi que de chevaux ailés. Un évidement rectangulaire aménagé dans le massif en tuf que surmontait autrefois la base de marbre de la statue, permettait de maintenir verticalement un poteau en bois qui constituait l'armature sur laquelle s'assemblaient les différentes parties de l'oeuvre.

Le Parthénon a maintenu son caractère religieux durant les siècles suivants et a été converti en église byzantine, en église latine puis en mosquée musulmane. En 1687, alors que les Vénitiens assiégèrent l'Acropole, les Turcs utilisaient le Parthénon comme magasin de poudre. Une des bombes vénitiennes tombée sur le Parthénon causa une énorme explosion détruisant une grande partie de l’édifice jusque-là préservé en bon état. Un second désastre eu lieu au début du XIXe siècle lorsque l'ambassadeur britannique à Constantinople, seigneur Elgin, étole la plus grande partie de la décoration sculpturale du monument (frise, métopes, frontons) et les transfèrent en Angleterre pour les vendre au musée britannique où elles sont encore exhibées comme des collections les plus significatives du musée.

Le Parthénon possède différents jeux visuels architecturaux comme des lignes non droites et des colonnes penchées vers l'intérieur… Les divers éléments architecturaux étaient rehaussés par l'emploi de la couleur, chose que l'on a quelque peine à imaginer tant la perfection des lignes de la plupart des temples grecs, lustrés et revêtus d'une chaude patine par le temps, semble se suffire à elle-même. La moulure de la frise était ainsi ornée d'une grecque en brun, de feuilles ou rais-de-coeur blancs et rouges, de filets dorés. On a reconnu dans les canaux des triglyphes et sur les mutules des traces de peinture bleue et de la couleur rouge sur les gouttes. Le fond des métopes était probablement rouge et celui des frontons bleu. Les draperies et autres détails des métopes et de la frise étaient peints. Les colonnes et les chapiteaux ne montrent aucune trace de couleur, mais sans doute ne devaient-ils pas en être dépourvus. Les murs intérieurs du naos devaient être en rouge foncé, tandis que les caissons des plafonds étaient décorés de rosaces et de feuilles. Enfin, on employait des accessoires en métal doré, pour les acrotères par exemple, tels ces vingt-deux boucliers de bronze doré accrochés en façade par Alexandre le Grand pour commémorer sa victoire sur les Perses à la bataille du Granique.

 

Derrière le Parthénon, vous aurez une vue panoramique sur le versant sud de l'Acropole où, à vos pieds, se niche le théâtre de Dionysos. A partir de la façade ouest du Parthénon, si vous longez le côté sud, vous remarquerez des blocs provenant du péristyle de l'ancien temple d'Athéna et des tambours de colonnes du vieux Parthénon, puis, dans une fosse, un fragment du second mur de soutènement d'appareil hellénique. Plus loin, dans une autre fosse, se trouvent les restes du premier mur de soutènement, en appareil polygonal. A quelques mètres de là furent reconnus les vestiges d'un bâtiment du Ve s. ayant servit peut-être d'atelier à Phidias. Un peu plus loin gisent à terre des tambours de colonnes non terminés provenant du premier Parthénon.

Avant de revenir vers l'entrée de l'Acropole, ne pas manquer de se rendre jusqu'au belvédère avec sa vue très étendue sur Athènes. Au pied du belvédère, à l'ombre de l'Acropole, se trouve le vieux quartier de Plaka.

Entre le belvédère et le Parthénon, des colonnes cannelées signalent le petit temple rond de Rome et d'Auguste dédié en 27 av. J.-C. et qui reprenait le style décoratif de l'Erechthéion. Les fondations sont en conglomérat et non en tuf comme celles des autres monuments. A quelques mètres, au point le plus haut de la colline, des entailles dans le rocher indiquent l'emplacement du sanctuaire de Zeus Polieus, ensemble important aujourd'hui disparu. Il comprenait une étable et un autel où l'on célébrait chaque année, au temps des moissons, le « meurtre du bœuf » ou Bouphonie en souvenir d'un temps où l'abattage et la consommation d'un animal domestique étaient considérés comme sacrilège. Dans cette région s'étend le site de l'habitat mycénien. Dans le mur nor, l'escalier desservait le palais dont les fondations en calcaire local ont été trouvées près de l'Erechthéion.

 

L'Erechthéion (***)

L'Erechthéion, temple ionique asymétrique et de forme inhabituelle, fut bâti en dernier (entre 420 et 406 av. J.-C.) sur l'emplacement de l'ancien temple d'Athéna et de Poséidon. C’était le lieu de culte essentiel de l'Acropole depuis ses origines, intimement lié à la fondation et à la pérennité de la cité, il le restera toujours. Les 3 corps de bâtiment ont été construits sur deux niveaux de fondations. Les colonnes ont 4 styles différents et le plafond du porche sud est soutenu par 6 caryatides. Consacré au culte des dieux, il comprenait également les tombeaux des ancêtres légendaires des Athéniens: Erechthée et Cécrops (premier roi d'Athènes, dans un coin). Il possède un prostasis à l’est, un propylon monumental au nord, et le porche célèbre des cariatides au sud. Le temple principal a été divisé en deux sections consacrées au culte des deux principaux dieux d'Attique, Athéna et Poséidon Erechtheus. Une frise représentant probablement la naissance d'Erechtheus a décoré l'extérieur du bâtiment. Le gracieux portique des Corés nous donne une petite idée seulement de l'élégance qui caractérisait cet édifice. Dans la galerie, une dalle de marbre manque. Cela a toujours été le cas afin que l’on puisse voir la trace du trident de Poséidon ou de la foudre de Zeus selon une tradition plus ancienne (+ trou dans la toiture). Dans une des cours se trouve un olivier, l’arbre dont Athéna fit don à la ville. Le porche est ne possède que 5 colonnes car Lord Elgine a emporté la 6ème avec d'autres souvenirs. Après l'incendie en 406 du « vieux temple » dédié à Athéna Polias, l'Erechthéion hérita de ses fonctions et abrita alors la vieille statue cultuelle en bois, le xoanon. On l'appela donc à son tour temple d'Athéna Polias ou « temple qui renferme la vieille statue ». Ce sont les guides de l'époque romaine qui prirent l'habitude de le désigner du nom de l'une de ses parties, le sanctuaire d'Erechthée, pour le distinguer du Parthénon. Transformé en harem après 1458 (Turcs), le côté oriental a également été transformé en église chrétienne.

Le bâtiment central est formé de deux parties de niveaux différents constituant deux chapelles, l'une à l'Est dédiée à Athéna Polias, l'autre à l'Ouest dédiée à Poséidon. C'est dans la première que chaque année la statue était vêtue du péplos tissé par les Arrhéphores et apportée lors des Panathénées. À l'intérieur, les ruines sont celles de l'église byzantine. Le temple est flanqué de deux portiques en saillie dont la fonction était non seulement décorative, mais aussi rituelle. Le portique des Caryatides, oeuvre majeure de l'art hellénique, constitue le motif le plus original de l'Erechthéion et une sorte de dais funéraire au-dessus du tombeau de Cécrops, le roi-serpent, l'un des fondateurs mythiques d'Athènes. Il servait peut-être de tribune depuis laquelle certains personnages officiels (prêtresses, Arrhéphores) pouvaient contempler le défilé et les cérémonies des Panathénées en même temps qu'il masquait l'escalier reliant l'Erechthéion à la terrasse de l'Acropole. Les attitudes sont combinées de manière à ce que les lignes extérieures restent dans la verticale, tandis que les lignes infléchies sont rejetées à l'intérieur. Il en résulte une composition rythmée par une alternance de lignes rigides et de lignes souples associant la stabilité de la colonne inerte au mouvement de la figure vivante. Du coussinet, la charge se transmet à la nuque, que renforce la masse des cheveux rejetés en arrière, et à la poitrine cambrée sans effort apparent. De là, elle se diffuse dans les jambes, raides ou pliées. Ce motif d'origine ionienne rappelle un trait caractéristique de l'architecture des trésors de Cnide et de Siphnos à Delphes.

Le portique NO (à l'opposé de celui des Caryatides) composé d'une élégante colonnade ionique, est, avec son architrave, sa frise en marbre bleu d'Eleusis, son plafond décoré de caissons et la riche ornementation de sa porte, l'un des chefs-d'oeuvre de l'architecture attique. Il abritait le quartier de roc où le foudre de Zeus avait laissé des traces. Un trou dans le dallage permettait au peuple de voir cette empreinte, enfermée dans une petite crypte. Le portique nord contenait au moins un autel, celui de Zeus Hypatos, et sans doute celui du Thyechoos (du sacrificateur ou de celui qui verse le sacrifice). L'autel de Zeus Hypatos aurait été situé près de l'orifice dans le dallage tandis que l'autel du Thyechoos, mentionné dans des inscriptions, se serait trouvé près d'un petit trou percé lui aussi dans le pavement près du mur du temple. On répandait par là le sang des animaux sacrifiés en l'honneur d'Erechthée qui, disait-on, avait été tué et inhumé en cet endroit. Au fond du portique nord se trouvent deux portes dont la plus basse menait au Pandroséion et à l'olivier d'Athéna tandis que la plus grande servait d'entrée à la cella d'Erechthée. Cette dernière est encadrée par une décoration ionique célèbre par son équilibre et son raffinement bien que le linteau ait été remplacé à l'époque romaine. Le sanctuaire d'Erechthée renfermait probablement des autels d'Héphaïstos et du héros Boutès, ainsi qu'une crypte à plusieurs compartiments dont l'usage est inconnu. Il comprenait une sorte d'antichambre dite « salle de l'embouchure » ainsi appelée parce qu'elle abritait à l'angle SO un regard entouré d'une margelle qui constituait un puits en lequel on reconnaissait la mer d'Erechthée jaillie sous le trident de Poséidon. Selon Pausanias, on y entendait un bruit de flots lorsque soufflait le vent du Sud, sans doute en raison de manoeuvres des prêtres cachés dans la crypte voisine ou encore du courant d'air s'engouffrant par le portique des Caryatides.

Le sanctuaire de Pandrose (Pandroséion) était dédié à la fille de Cécrops. Il était formé d'une cour qui renfermait l'olivier d'Athéna (l'arbre actuel fut planté par la reine Amalia), un autel à Zeus des Serments (Herkéios) et peut-être une chapelle.

Au Nord de l'Erechthéion, la fosse ouverte est celle où furent mises au jour en 1886 la plupart des korês archaïques exposées au musée, enfouies là lorsque les Athéniens recouvrèrent l'Acropole après le départ des Perses. Vouées à la déesse, elles restaient sacrées.

 

La Voie Sacrée (-)

La Voie Sacrée avait une orientation est-ouest.

 

La visite de l'Erechthéion marque la fin de la partie la plus spectaculaire de l'Acropole. Le portique des Caryatides repose en partie sur les fondations de l'ancien temple d'Athéna dont on aperçoit encore des restes entre l'Erechthéion et le Parthénon, à savoir des fondations en tuf encadrant un noyau central de calcaire gris local. Du bâtiment érigé au sud de l'Erechthéion à l'époque géométrique, subsistent deux bases en tuf entourées d'une grille qui devaient supporter des colonnes en bois. Les fondations actuellement visibles appartiennent au VIe s. L'édifice fut rénové plutôt qu'agrandi par les Pisistratides. Détruit par les Perses en 480 et relevé dans sa partie ouest pour abriter de nouveau la statue cultuelle, il fut incendié en 406 alors que s'achevait l'Erechthéion qui hérita de ses fonctions. Il s'enfonça alors progressivement dans l'oubli et Pausanias, à l'époque impériale, n'en parle même pas. La maison dite « des Arrhéphores » est un petit bâtiment carré proche de l'Erechthéion dont on voit nettement les fondations en tuf.

 

Dernière recommandation: l'Acropole est un grand seigneur, qui mérite une visite prolongée. Promenez-vous, laissez errer votre regard sur les quartiers populaires, la mer, Salamine, revenez aux monuments… Bref, prenez tout votre temps. La fin de l'après-midi semble l'heure idéale pour les jeux de lumière sur les marbres. Et s'il vous reste quelques heures avant de quitter Athènes, revenez-y.

 

Le chemin conduisant vers la source Clepsydre et le versant nord de l'Acropole part en contrebas de la porte Beulé. Un escalier rupestre, aujourd'hui impraticable, donnait accès à la source Clepsydre utilisée dès la période néolithique. Plus loin, deux petites grottes s'ouvrent sur une terrasse accessible par des degrés rocheux très endommagés. La plus petite était consacrée à Apollon Hypacraios (bas-reliefs votifs). La plus grande représente sans doute le principal lieu de culte du sanctuaire de Pan, introduit à Athènes après la bataille de Marathon (490 av. J.-C.) pour le remercier de son assistance. Devant l'entrée, une fissure cylindrique de près de 2m de diamètre correspond au prétendu tombeau d'Erechthée. De là, on pouvait accéder à une poterne et à un escalier menant à l'Acropole ou encore à une galerie souterraine, sous un saillant du rempart, aboutissant à une grotte, dépendance possible du sanctuaire d'Aglaure, cette fille de Cécrops et prêtresse d'Athéna qui s'était précipitée en cet endroit du haut de l'Acropole. Le sanctuaire lui-même, l'Aglaurion, où les éphèbes venaient prêter serment, est un lieu de culte de plein air. La partie orientale du versant nord de l'Acropole, creusée de nombreuses niches, était en majeure partie dédiée à Eros et Aphrodite. Leur sanctuaire est localisé près du milieu du versant, non loin des traces d'une poterne mycénienne. Pausanias mentionne dans cette région l'existence d'un temple d'Aphrodite aux Jardins.

 

Lorsqu'on fait face à l'entrée de l’acropole, sur la gauche (Nord-Ouest), de l'autre côté de la route, on peut grimper sur le sommet d’une petite colline, l'Aréopage (***), appelée aussi la colline d'Arès, d’où l'on jouit d’un beau point de vue sur la ville, les Propylées de l'Acropole et sur le vaste champ de fouilles de l'Agora hellénique. L’Aréopage est une colline rocheuse, au sommet aplani. C'est là que siégeait le Conseil de l'Aréopage, le plus ancien corps politique d'Athènes (jusqu'au Ve s.) et en même temps cour criminelle à l'époque classique. Il tient son nom du lieu où il se tenait : la colline consacrée à Arès, le dieu de la guerre. Dans la colline, une sombre caverne accessible par une fissure du rocher abrite le temple des Euménides.

Des dieux et des héros légendaires convaincus de meurtre comparurent devant ce tribunal. La tragédie d'Eschyle les Euménides (c'est-à-dire les Bienveillantes, surnom donné après le procès aux Erinyes) dont Oreste est le héros, se déroule sur l'Aréopage. Le Conseil, dont les membres furent d'abord recrutés parmi les Eupatrides (nobles) puis à partir de Solon parmi les archontes sortis de charge, fut dépouillé de ses attributions politiques par Ephialtès et Périclès en 461 av. J.-C., mais il resta investi du contrôle de la constitution et des moeurs. La pierre de l'Outrage servait de siège à l'accusé tandis que la pierre du Ressentiment étant réservée à l'accusateur. Des installations du Conseil, il ne subsiste plus que des gradins rocheux et un cube isolé qui pourrait être l'autel d'Athéna Areia ou l'une des deux pierres évoquées d-dessus.

Dans le parc de l'Aréopage, au pied de la colline, on peut encore voir les fondations d'une basilique à trois nefs consacrée justement à saint Denis l'Aréopagite. Au Nord-est se trouvent les restes d'une somptueuse maison romaine habitée du IIe au VIe s. et ordonnée autour d'une cour à péristyle ionique. A l'Ouest et au Sud nous avons une zone de maisons et d'ateliers (marbriers) des Ve et IVe s. précédant l'entrée sud-ouest de l'Agora.

 

Sur la droite (lorsqu'on fait face à l'Acropole), on peut descendre vers l'Odéon d'Hérode Atticus (161, ***) et en contrebas des vestiges romains (*) dont ceux de citernes. Le versant sud de l'Acropole ayant joué un rôle significatif dans l'activité artistique, spirituelle et religieuse de l'Athènes antique, est parsemé d'édifices et de monuments datant de diverses époques. Le sanctuaire de Dionysos Eleuthère, dont l'entrée principale se trouvait sur la rue des Trépieds, est d'époque hellénique. Il renferme les fondations de deux temples et d'un grand autel, ainsi que le théâtre de Dionysos, le plus ancien théâtre connu, où des pièces étaient jouées au Ve siècle av. J.-C. En bois à l'origine, il a été reconstruit en marbre au IVe siècle et avait une capacité probable de 17.000 places. On trouve des bas-reliefs ornant l'arrière de la scène, principalement des silhouettes sans tête relatant les exploits de Dionysos (IIe s. av. J.-C.).

Au nord du théâtre se dressaient des monuments chorégiques érigés par les vainqueurs des concours dionysiaques. dont celui de Thrassylos (319 av. J.-C.) dans la roche au dessus du théâtre et au-dessus 2 colonnes chorégiques de style chorinthien.

Au N.-O. du théâtre s'étend les ruines de l'ancien (429 av. J.-C.) et du nouveau Asclépieion, comprenant une source, un temple, un autel et un "abaton" ou portique, tandis qu'à l'est se trouvait jadis l'Odéon de Périclès. C'est à l'époque romaine que fut construit l'Odéon couvert d'Hérode Atticus, relié au Théâtre de Dionysos par le portique hellénistique d'Eumène (IIe siècle av. J.-C.) servant d'abri contre le soleil ou le mauvais temps. La grotte située au-dessus de l'Asclépieion est un ancien temple dédié à Dionysos et fut aménagée à l'époque byzantine en chapelle dédiée à la Panaghia Chryssospiliotissa (Vierge de la Grotte Dorée).

Sur le chemin menant à l'Acropole, notons encore l’église du XIXe siècle dédié à la Metamorphosis tou Sotiros et couronnée d'une coupole en forme de croix.

 

Le théâtre de Dionysos (*/**)

Aucune trace du théâtre du Ve siècle, probablement de forme simple avec quelques rangées des sièges en bois et en pierre, n'a été préservée. Les vestiges visibles aujourd’hui appartiennent au théâtre monumental (environs 17.000 places) construit par Lycourgos avec une scène permanente prolongeant l'orchestre. Le théâtre et la scène ont été reconstruits après leur destruction par Sulla en 86 av. J.-C. Il faut monter jusqu'au dernier gradin pour atteindre, sur le côté sud du roc, la grotte convertie en chapelle et l’ancien temple de Dionysos.

L’ancien temple de Dionysos ayant abrité la statue de Dionysos Eleuthereus, a été construit au IVe ou Ve siècle av. J.-C. sous le règne du tyran Peisistratos et de ses successeurs. Le nouveau temple abritait la statue chryséléphantine du dieu, oeuvre du sculpteur Alkamenes. Le bâtiment ne peut être daté avant le milieu du IVe siècle av. J.-C. comme le certifie la poterie trouvée à cet endroit en 1963.

 

Le monument chorégique de Thrasyllos (-)

Le monument chorégique de Thrasyllos a été érigé par Thrasyllos en 320/19 av. J.-C. sur le « katatome » du versant sud de l'Acropole. Ce grand escarpement artificiel de la roche a été égalisé verticalement lors de la construction du théâtre de Dionysos. Les évidentes traces de tailles dans la roche font penser que plusieurs monuments chorégiques ont été érigés mais aucune trace n'en a été préservée.

 

La stoa d'Eumenes (*)

La stoa d'Eumenes (*) est datée à la période hellénistique et est attribuée à Eumenes II, roi de Pergame (197-159 av. J.-C.). Elle a été construite le long des « peripatos » en pierre de Poros, en marbre de l’Hymette et en marbre de Pergame.

 

L'Odéon d’Hérode Atticus (***)

L'Odéon d’Hérode Atticus (***) était le troisième Odéon construit à Athènes (après les Odéons de Périclès et d'Agrippa). Il a été érigé en 161 en style romain par Hérode en la mémoire de son épouse Regilla, morte en l’an 160. C’est un théâtre semi-circulaire en marbre blanc d’un rayon de 38m et d’une capacité d’environs 5.000 personnes. La façade haute de 28m et large de 2,40m était massive. Le mur de la scène était largement décoré d’éléments architecturaux. Il a été détruit lors de l'invasion des Herules en 267 en même temps que la plupart des monuments de la ville.

 

L'Asklepieion (-)

L'Asklepieion (-) érigé après 420 av. J.-C. inclut les bases du temple d'Asclépios, d’une stoa dorique utilisé comme « katagogion », d’une stoa ionique datant de la fin du Ve siècle av. J.-C. et d’un autel.