VRONTISI

Sur carte : C4

 

C'est un des plus fameux monastères crétois. Il a joué un rôle important lors de la Renaissance crétoise à la fois dans les lettres et dans les arts et, durant les derniers siècles de domination vénitienne, a été connu pour ses nombreux disciples, artistes et moines vénérables. Les noms de célèbres copistes de manuscrit, de peintres et de professeurs sont liés au monastère et à ses environs. Michalis Damaskinos, un des plus importants artistes byzantins de Crète y a peint six de ses chefs d’œuvre et, selon la tradition, El Greco lui-même a passé un moment en tant qu'étudiant dans les ateliers du monastère. Comme la plupart des monastères en Crète, Vrondisi joua un rôle important lors des différentes luttes de la population Crétoise. Il était le quartier général du capitaine Michalis Korakas durant les révolutions contre les Turcs en 1866 et 1878. À cause de son activité révolutionnaire, le monastère et sa communauté subirent de violentes représailles.

 

Situé à 48 km au Sud-Ouest d’Iraklio sur le versant sud du mont Psiloritis, au nord-ouest du village de Zaros, on ne sait pas exactement quand il a été fondé ni par qui, mais on suppose que c’est lors de la seconde période byzantine entre les Xe et XIIIe siècles. Des documents le mentionnent dès 1400. Son apogée culturelle était sous la domination vénitienne (1500) lorsque le monastère de Varsamonerou fut abandonné. L'invasion turque de 1669 marque le début de son déclin et il a été violemment attaqué par les Turcs lors de la rébellion crétoise. Malgré le fait que les murs du monastère aie été presque complètement détruits, ils gardent toujours leur allure de forteresse. L'église se tenant au milieu (Katholikon), avec sa double nef, est consacré à Saint Antoine et à l'Apôtre Saint Thomas. On y voit des fresques uniques du XVe siècle au sud et juste devant un campanile. En dehors des murs du monastère, sous les platanes éternels, il y a une belle fontaine (XVe siècle), une des sculptures extérieures les plus importantes de l'île et le seul héritage de son temps. Elle représente Adam et Eve et l'eau sort des bouches de trois lions. L'entrée actuelle du monastère est nouvelle, mais on peut distinguer l’ancienne avec son impressionnante arche centrale. Le clocher est indépendant de l'église et est influencé par le style catholique de l’époque. Il est composé de quatre arches. À l'intérieur de l'église, le long des murs de la double nef, quelques remarquables fresques sont encore visibles dont l'exceptionnelle montrant Saint Simeon Theodochos tenant le Saint Enfant. Également remarquable sont les nombreuses icônes. Les désastres ayant frappé le monastère, en particulier au XIXe siècle, ont détruit un grand nombre de reliques mais nous en laissent assez pour réaliser le grand rôle qu'il a joué en tant qu'un de principaux centres de la Renaissance crétoise.