Chroniques myspace, The Lunar Tiki's

Le blog de la semaine par Victor Alexandre (St.)

Le Soir en ligne  , Lundi 15 Janvier 2007

 

Le site myspace.com offre une formidable opportunité de se faire connaître. Nous proposons ici, avec Laurent Rieppi, animateur sur Classic 21, de donner un petit coup de pouce aux artistes du cru, qu'ils soient musiciens, écrivains ou réalisateurs. Cette semaine : The Lunar Tiki's.

 

The Lunar Tiki's, littéralement les esprits hawaïens de la lune, c'est un groupe qui sait assimiler ses influences. Toutes ses influences. A l'instar d'un grand cru où le connaisseur peut distinguer des dizaines de saveurs différentes, le groupe bruxellois réussit à merveille à cacher dans chaque recoin de mélodie une influence inattendue.

 

"Non, ils ne viennent pas de San Fransico, ni de L.A, ni d'aucune ville de la West Coast, Lunar Tiki's est bruxellois. Et pourtant ,quand on écoute leur "rock garage psyché/surf" on pourrait se croire revenu aux Etat-Unis au plein milieu des années 60, les années Flower-Power...", lance Laurent Rieppi animateur sur Classic 21.

 

Vous aimez la musique baroque d'un Purcell ? Un peu de jazz n'est pas pour vous déplaire ? Vous avez adoré la bande originale de Pulp Fiction et vous vous ravissez à chaque écoute de l'envoûtant clavier des Doors ? Non seulement vous avez bon goût, mais en plus, vous vous apprêtez à découvrir un groupe qui va vous enchanter

 

Si vous allumez vos enceintes d'ordinateur, que vous allez sur la page myspace du groupe et que vous cliquez sur Speed Limit, le premier titre disponible, vous percevrez l'écho d'une guitare surf garage, la voix d'une Nancy Sinatra jeune, avant que l'ensemble du groupe n'emmène le rythme sur quelque chose à la croisée du modern jazz, du punk et du rock psyché. Inspiré et respectueux, énergique et posé, en somme.

 

Week end commence très similairement à un morceau des Doors, un riff de blues souligné par un clavier. Il y a même dans la sensualité de la voix de Léo une nonchalance appliquée qui peut rappeler celle d'un Morrison. Très sixities dans son look (on la croirait tout droit sortie d'un film de Russ Meyer), la chanteuse fut proposée par Sarah Bogart, elle-même chanteuse, prof de chant renommée et amie de l'un des instrumentistes. Léonore nous fut présenté comme son élève la plus douée, 18 ans, qui n'avait jamais chanté avec un groupe et dont l'expérience de scène se limitait à des soirées karaokés. Elle montre ici qu'elle a sa place dans un groupe de bonshommes qui ont le double de son âge et de son expérience.

 

Si la musique du groupe s'inspire de ce qui s'est fait de bien au cours des cinq-cents dernières années, l'esthétique du scène, elle aussi, sent le métissage à plein nez : Nous avons commencé par une esthétique héritée du surf : Chemises hawaïennes, pantalons larges et clair. On peut encore le voir dans le clip Vidéo "The Push". Puis nous avons évolué vais un style plus Mid 60's avec costume noir, chemise rouge, et mini jupe pour Léo. C'est actuellement un savant mélange du swinging London et des Highschool de American Graffiti, nous explique Simon, le claviériste du groupe.

 

Cry, troisième titre disponible, utilise le même son de guitare que sur Speed Limit, accompagnée d'un duo basse batterie léger et sobre, une ligne de clavier hypnotique. Le chant est placé, simple, à mi-chemin entre une chanteuse londonienne dans les sixties et un groupe de la côte ouest américaine.

 

C'est ce que résume Laurent Rieppi : "Si certains titres rappellent tout de suite Jefferson Airplane ou encore les Zombies, d'autres, plus calmes, évoquent certaines chansons des Doors. Que ce soit sur les titres plus légers ou les titres plus intenses, la jeune chanteuse maîtrise parfaitement bien sa voix, et son look, très sixties, est on ne peut plus adapté à la musique de la formation...".

 

Les deux vidéos que vous pourrez voir du groupe vous permettent d'entrer dans leur antre et de découvrir un peu de l'ambiance quelque peu surannée et vieille école qui flotte pendant les sessions Simon, l'organiste, peut revendiquer le mot de la fin : Nous tournons le dos résolument à toutes les modes, nous n'essayons pas de révolutionner le rock, nous essayons simplement de faire passer à nos spectateurs un bon moment.

 

Mission accomplie.