En
2B, Nismes profite de la décision du CP de lui accorder la
victoire contre Anhée pour revenir à un point du leader. Mais
quel dossier biscornu...
Anhée fulmine et Nismes jubile ! En pleine lutte pour le
maintien en 2B, le club entraîné par Marc Matisse a perdu
hier soir, en plus de quatre joueurs suspendus, le point du
partage décroché le 14 mars dernier sur le terrain des Nismois.
Et ceux-ci font la toute bonne affaire en... haut de tableau. Ils
en profitent pour revenir à hauteur de Chevetogne, à seulement
un point de Philippeville, le leader ! Anhée avait aligné Nathan
Santy alors qu'il était suspendu pour trois cartes jaunes. «
Avec toutes les remises, on s'est un peu emmêlé les
pinceaux dans la comptabilisation des cartes, avec l'équipe A et
B, glissait le président anhétois. Mais de bonne
foi, on pensait que Nathan pouvait jouer. On l'avait d'ailleurs
suspendu pour un autre match ».
Mais que le responsable de cette comptabilité ne se fasse pas
trop de mouron car même sans cette erreur, Anhée aurait perdu
5-0 pour l'attitude de ses joueurs. Ce jour-là, alors qu'on
entrait dans les arrêts de jeu, Nismes égalisait à 2-2, sur
penalty, après avoir été mené 0-2. Sentant la victoire encore
possible, un joueur nismois se précipitait vers le but pour récupérer
le cuir, histoire de le remettre le plus vite possible en jeu. Ce
n'était évidemment pas au goût du portier anhétois qui, de
bonne guerre, tardait à le lâcher. Ce duel assez musclé mettait
le feu aux poudres. Furieux qu'on ait touché son gardien, S. Lacroix
« bousculait violemment le Nismois », dixit
l'arbitre. « J'admets que je l'ai bousculé mais il avait
pris un coup de genou, se défendait l'Anhétois. J'ai
accepté la carte rouge et j'ai regagné les vestiaires ».
C'est ici que les versions divergent. Pour l'arbitre, M. Cuitte,
ça ne s'invente pas (!), plusieurs joueurs d'Anhée ont provoqué
une échauffourée. « Menacé par certains et insulté,
j'ai préféré arrêter la rencontre
juste
avant les arrêts de jeu, expliquait-il. J'ai même
reçu la balle dans le dos, lancée avec une certaine force par M.
Collinet ». Des accusations que François Leboutte,
joueur d'Anhée mais également avocat, ne pouvait pas laisser
passer. « L'arbitre manque clairement de crédibilité
entre ce qu'il a vu et ce qu'il a écrit dans son rapport. Il
affirme sans aucune preuve que les joueurs Brosserez et Santy
l'ont insulté ». Et le président anhétois allait même
plus loin : « L'arbitre est rentré chez lui et a pêché
deux noms au hasard sur la feuille pour rédiger son rapport.
C'est assez incroyable ». Ils niaient les faits mais les
deux joueurs écopaient tout de même d'un dimanche de suspension,
l'arbitre confirmant bien les insultes.
Par contre, Me Leboutte ne niait pas qu'après le but égalisateur,
S. Lacroix et C. Collinet se soient un peu emportés.
Mais là encore, il nuançait le rapport de l'homme en noir qui
affirmait qu'après avoir poussé le joueur nismois, Lacroix
s'était lancé poings tendus vers la mêlée. « C'est
faux, après la bousculade, il a regagné son vestiaire. Quant à
C. Collinet, s'il s'est énervé après l'exclusion de son coéquipier,
il n'a pas lancé volontairement la balle sur l'arbitre ».
Bref, difficile de connaître la bonne version. Et ce n'était pas
fini. Quand le président Davin demandait à l'arbitre pourquoi il
avait mis un terme prématurément aux échanges, il répondait
que c'était suite aux menaces de Collinet. Or, ce dernier
a reçu sa deuxième carte jaune... après la fin du match.
Bizarre... Finalement, Lacroix écopait de deux dimanches
de suspension et Collinet d'un.